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Il y a des sujets sur lesquels je ne parviens pas à garder une distance professionnelle confortable. Après plus de trente ans passés auprès d'enfants et de familles en difficulté, la question de la protection des enfants et des femmes contre les violences, et celle du droit à la santé, ne sont pas pour moi des thèmes parmi d'autres. Ce sont les deux fils qui traversent tout ce que j'ai vu, accompagné, et parfois subi d'impuissance à changer. Ce sont aussi deux exigences que je retrouve, portées avec constance, dans le programme du PCF.
Protéger les enfants ne consiste pas à répéter que les violences sont regrettables. Cela suppose d'écouter, de prévenir, de protéger réellement, et de donner aux professionnels les moyens concrets d'agir. J'ai trop souvent constaté l'écart entre ce que les textes proclament et ce que les équipes de terrain peuvent réellement faire, faute de temps, de personnel, de formation ou simplement de reconnaissance de la gravité de ce qu'elles traitent. Refuser que les violences faites aux femmes et aux enfants deviennent une fatalité, refuser que les victimes soient abandonnées face à ce qu'elles ont subi, cela veut dire s'attaquer aux rapports de domination qui les rendent possibles, pas seulement aux conséquences quand il est déjà trop tard. C'est une conviction que mon parcours en protection de l'enfance a construite, année après année, dossier après dossier.
Le droit à la santé procède de la même exigence. La santé n'est pas une marchandise. C'est un droit, et un droit ne se distribue pas selon ce que chacun peut payer ou selon la rentabilité qu'il représente. Quand des soins essentiels, qu'il s'agisse de la prise en charge du cancer du sein ou de tout autre traitement vital, deviennent un enjeu de rentabilité avant d'être un enjeu de vie, quelque chose de fondamental se dérègle. Ce n'est pas un hasard si les métiers du soin et les métiers du social connaissent aujourd'hui la même dégradation : celle d'un accompagnement humain qu'on cherche à réduire à des indicateurs de gestion.
Ces deux combats, protéger et soigner, se rejoignent parce qu'ils portent la même exigence : que l'existence humaine ne soit jamais réduite à la seule question de sa survie ou de sa rentabilité. Ce n'est pas un slogan abstrait. C'est ce que je constate concrètement dans mon travail, et c'est pour cela que ces deux sujets sont, pour moi, des préoccupations majeures, et non des thèmes de circonstance.
Je retrouve d'ailleurs cette exigence dans les positions portées par le PCF. Le parti défend une santé qui ne soit pas une marchandise mais un droit, et appelle à retrouver une capacité collective à répondre aux besoins plutôt qu'à la seule logique de rentabilité, qu'il s'agisse de l'hôpital, des maternités ou de la prise en charge des maladies graves. Sur la protection des enfants et des femmes, le PCF porte la même ligne : écouter, prévenir, protéger, donner aux professionnels les moyens d'agir, et surtout s'attaquer aux rapports de domination qui rendent les violences possibles plutôt que de n'en traiter que les conséquences. Ce sont des combats législatifs autant que des combats de terrain, et mon expérience d'éducateur me convainc chaque jour qu'ils doivent être menés ensemble.
C'est pourquoi je m'inscris dans les combats portés par le programme du PCF sur ces deux questions. Non par adhésion abstraite à un texte, mais parce que ce que j'ai vécu sur le terrain, dans l'accompagnement d'enfants et de familles, rejoint très concrètement ce que le parti met au cœur de son projet : des services publics de santé et de protection dotés des moyens de leurs missions, une lutte déterminée contre les violences faites aux femmes et aux enfants qui s'attaque à leurs causes plutôt qu'à leurs seules conséquences, et le refus que la santé ou la protection de l'enfance deviennent des variables d'ajustement budgétaire. C'est cette cohérence entre mon expérience professionnelle et ce programme qui fait de ces deux sujets, pour moi, un engagement et non une opinion de circonstance.