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En ce qui concerne le sport dit "populaire," tout se joue sur trois choses simples : combien ça coûte, où on peut pratiquer, et à qui on pense quand on organise la journée.
Sur le prix, je propose qu'aucune famille ne paie plus de 50 euros de licence pour un mineur. On y arrive si le Pass'Sport passe à 200 euros et se déclenche automatiquement à l'inscription scolaire, avec 50 euros pris en charge par la mutuelle d'entreprise obligatoire et le complément par la commune. Plus de dossier, l'inscription au club suffit.
Sur les lieux, il faut que ce qui existe soit vraiment ouvert. Des city-stades sans cadenas, éclairés jusqu'à 22h l'hiver, avec trois soirs par semaine un animateur sportif qui propose un tournoi plutôt que de surveiller. Dans chaque piscine et gymnase, un créneau quotidien en pratique libre à 2 euros sans licence, et deux créneaux par semaine réservés aux femmes et aux débutantes encadrés par une éducatrice.
À l'école, je propose de mettre le sport plutôt l'après-midi. Ça nécessite une vraie refonte des habitudes. Le matin concentré sur les fondamentaux, l'après-midi libéré pour le sport, la culture, le plein air. Ça change l'emploi du temps des enseignants, ça demande une convention claire entre l'Éducation nationale, la mairie et les clubs pour utiliser les gymnases et les stades l'après-midi, et des éducateurs sportifs présents sur ce temps-là. Mais c'est là qu'on gagne des heures d'EPS réelles, avec des enfants plus disponibles physiquement et des équipements qui ne restent plus vides la journée.
Pour les clubs qui font vivre tout ça, l'aide publique doit aller à l'humain : financer un entraînement découverte gratuit chaque semaine et deux jours de formation payés pour les éducateurs. Pour que tout le monde se sente concerné, mettre aussi tous les matchs de l'équipe de France en clair à la télé, prévoir un créneau handi-accueillant dans chaque équipement avec du matériel acheté en commun à l'échelle intercommunale, et généraliser la prescription de sport sur ordonnance remboursée.
Oui, tout ça a un coût. Une heure d'animateur, de l'électricité, de la formation, un prélèvement de 1% sur les droits TV du sport pro pour le reverser aux amateurs. Mais ces propositions ont le mérite de concerner tout le monde, pas seulement les licenciés, et de répondre concrètement à ce qui reste trop souvent de l'ordre des incantations. Et il en va aussi de la santé publique. Un gamin qui bouge l'après-midi, une adulte qui reprend une activité à 2 euros près de chez elle, un senior qui marche en groupe sur ordonnance, c'est moins d'obésité, moins d'isolement, moins de dépression, et à terme beaucoup moins de dépenses pour la collectivité. C'est un investissement, pas une dépense.