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Peter May, ou le polar qui prenait le temps de regarder
Peter May est mort aujourd'hui, et c'est un peu de mes soirées de lecture qui s'en va avec lui.
Je l'ai découvert par la série chinoise, et je ne l'ai plus lâché. Deux enquêteurs que tout oppose : Li Yan, policier pékinois, et Margaret Campbell, médecin légiste américaine. Elle vient d'un monde où l'on croit aux procédures ; lui évolue dans un pays où la vérité doit souvent composer avec l'appareil. Entre eux, deux façons de voir, de se méfier, de se comprendre, et une amitié qui se construit au fil des affaires.
Ce qui m'a marqué, c'est que l'intrigue n'écrasait jamais les personnes. Peter May savait que derrière chaque cadavre il y a une histoire, une famille, un système qui a failli quelque part. Ses polars étaient aussi des romans sur le doute, sur la loyauté envers ses proches et envers la vérité, et sur ce qu'il en coûte de rester droit dans un environnement qui ne le facilite pas.
Il savait aussi faire sentir un lieu : Pékin, ses ruelles et ses pouvoirs, puis plus tard les landes battues par le vent de l'île de Lewis. On lisait un thriller, on sortait avec l'impression d'avoir voyagé.
Il laisse une œuvre qui continuera de se lire. Merci, Peter May, pour Li Yan, pour Campbell, et pour ces heures où l'on oubliait tout le reste.