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La course pathétique au premier rang
Un pape parle, et une partie de notre classe politique se rue vers le premier rang. On se pousse, on pose, on affiche sa componction le temps d'un discours — avant de retourner, dès le lendemain, à des pratiques qui n'ont plus rien à voir avec les valeurs qu'on vient de mimer devant les caméras.
Le casier judiciaire de certains de ces mêmes responsables raconte une tout autre histoire : abus de confiance, financement illégal de campagne, injures publiques. Les condamnations s'accumulent sans jamais entamer leur empressement à ces grand-messes symboliques. On ne leur demande pas d'être exemplaires — juste d'être vus.
Rappelons une évidence : le religieux est une affaire intime, une conviction qui n'engage que soi. Il ne devrait jamais servir de décor à ceux qui cherchent une contenance morale à peu de frais. Transformer la parole d'un chef religieux en tremplin d'image dit tout de la confusion, savamment entretenue, entre la foi et le calcul.
Invoquer la charité ou la probité le temps d'un discours, quand on a soi-même été condamné pour avoir trahi une confiance ou menti à ceux qu'on prétend représenter : voilà ce que vaut, pour beaucoup, cette présence au premier rang. Un calcul d'image. Rien de plus.