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Le RSA n'est pas une variable d'ajustement
Qu'on ne me raconte pas que le Département n'a pas le choix. Il a le choix, et la pression budgétaire retombe d'abord sur les plus faibles. Soyons précis : le problème n'est pas que les gens ne touchent plus le RSA. Il est versé par la CAF, et il continue de l'être. Le problème, c'est que les finances du Département ne lui permettent plus de rembourser la CAF, alors que c'est une dépense obligatoire que l'État n'a pas suffisamment compensée.
Voilà le vrai scandale. L'État décide des règles et des montants, puis en laisse la facture aux départements. Quand la crise fait exploser le nombre d'allocataires et que les droits de mutation s'effondrent, l'écart se creuse chaque année. Ce n'est pas de la mauvaise gestion locale, c'est un transfert de charges non financé.
Alors oui, des économies sont possibles, et il faut les faire avant de regarder ailleurs :
Étaler l'investissement : hiérarchiser les chantiers routiers et immobiliers, garder la sécurité et les collèges, reporter le confort et le prestige.
Réduire le patrimoine : vendre ou mutualiser les locaux sous-occupés, rénover ceux qu'on garde pour faire baisser la facture d'énergie.
Mieux acheter : achats groupés, marchés mutualisés avec d'autres départements, numérique repensé plutôt qu'empilé.
Resserrer les frais de structure : communication, représentation, flotte de véhicules, événementiel.
Revoir les satellites : agences, syndicats et organismes associés dont les missions se recoupent.
Évaluer chaque subvention facultative : une par une, sur son utilité réelle, sans coupe aveugle qui fragiliserait des associations qui travaillent, elles aussi, auprès des plus fragiles.
Maîtriser la masse salariale hors social : ne pas remplacer systématiquement les postes support, jamais ceux qui accompagnent les publics.
Ces efforts demandent du courage politique. Je les réclame. Mais soyons honnêtes : ils ne combleront pas le trou, parce que la dépense qui l'a creusé est obligatoire et que personne ne peut décider de ne pas la payer.
Qu'on ne demande donc pas aux plus précaires de financer ce que l'État se refuse à compenser. Qu'il compense intégralement, ou qu'il assume lui-même le RSA. Une société se juge à ce qu'elle refuse de sacrifier.