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Mon parcours littéraire entre polar, mémoire et engagement
Mon parcours littéraire s’est construit au fil de douze romans, avec une volonté constante : raconter des histoires qui captivent, mais aussi explorer ce qui se cache derrière les apparences. Au-delà des intrigues et des enquêtes, ce sont les êtres humains, leurs blessures, leurs secrets, leurs contradictions et leurs choix qui occupent une place centrale dans mon écriture.
Mes premiers romans m’ont naturellement conduit vers le polar et le thriller, des genres qui me permettent d’interroger la violence, la justice, la culpabilité et la quête de vérité. Avec Calais Blues, Terminus Lens, Avec ou sans toi, Yama et La Carte des anges, l’enquête criminelle devient progressivement un moyen d’explorer les personnages et leur histoire. Le crime n’est jamais seulement un prétexte : il révèle les fragilités, les rancœurs, les secrets et parfois les blessures enfouies depuis longtemps.
À travers ces romans, le territoire occupe également une place essentielle. Calais, Lens, le littoral du Nord et du Pas-de-Calais ne sont pas de simples décors. Ce sont des lieux vivants, porteurs d’une histoire, d’une identité et d’une atmosphère. Ils participent pleinement aux intrigues et influencent les personnages qui les habitent.
Avec Les Lames aiguisées, Littoral amer, Puzzle et Psycho Pat, mon écriture poursuit cette exploration du suspense tout en accordant une place de plus en plus importante à la psychologie. Je m’intéresse aux mécanismes de la violence, aux personnalités complexes, aux rapports entre victimes et coupables et à cette frontière parfois fragile entre raison et folie.
Mais mon parcours ne se limite pas au polar.
Avec Les Descendants d’Éléonore Matzer, j’aborde le monde de la protection de l’enfance et du travail social. Le roman interroge la place de l’humain face à une institution confrontée à ses propres dérives bureaucratiques. Il questionne l’éthique professionnelle, la dignité de l’enfant, l’engagement et la capacité à résister lorsque les principes auxquels on croit se heurtent à une réalité administrative qui peut parfois perdre de vue l’essentiel : l’être humain.
Avec Les Cris du silence, publié chez Il est midi éditions, je me tourne vers la mémoire et la transmission. Le roman explore les silences familiaux, les blessures de l’Histoire et la nécessité de faire entendre les voix de ceux qui ont vécu les tragédies du passé. La mémoire devient alors un devoir, mais aussi une quête personnelle : comprendre ce qui a été tu, retrouver ce qui a disparu et mesurer ce que le passé continue de produire dans le présent.
L’Enfer vert, publié chez MVO Livres Blancs, m’ouvre quant à lui sur un autre territoire : celui de Saint-Étienne et du football, autour du mythique stade Geoffroy-Guichard.
Son héros, Théodore Grandin, ancien journaliste devenu détective privé, enquête sur plusieurs meurtres qui se déroulent autour du célèbre stade. À travers ce personnage, je retrouve l’un des fils rouges de mon écriture : la recherche de vérité. Son expérience de journaliste lui a appris à observer, à questionner, à recouper les informations ; devenu détective, il met cette expérience au service de l’enquête.
Dans ce roman, le football devient bien davantage qu’un décor. Geoffroy-Guichard, le « Chaudron », surnommé aussi « l’Enfer vert », constitue un véritable univers romanesque, avec ses passions, ses rivalités, ses souvenirs et son identité populaire. L’enquête criminelle rencontre ainsi la culture sportive et l’histoire d’une ville.
Cette diversité de thèmes et d’univers reflète finalement mon parcours d’auteur. Du polar au roman psychologique, du récit social au roman de mémoire, de Calais à Lens, du littoral à Saint-Étienne, mes histoires changent de décor mais conservent un même centre de gravité : l’humain.
La violence, les secrets, la mémoire, les injustices, la peur, la résilience, la transmission et la quête de vérité sont autant de thèmes qui se répondent d’un livre à l’autre.
Le crime permet d’interroger la conscience. Le passé permet de comprendre le présent. Les territoires donnent une identité aux histoires. Les institutions révèlent parfois leurs failles. Et les personnages, confrontés à des situations qui les dépassent, doivent faire des choix.
C’est probablement là que se trouve le véritable fil rouge de mon parcours littéraire : chercher, derrière chaque intrigue, ce qui fait agir les êtres humains, ce qui les pousse à se taire ou à parler, à trahir ou à protéger, à renoncer ou à résister.
Mes douze romans constituent ainsi les différentes étapes d’un même chemin. Un chemin fait de curiosité, de rencontres, de territoires, de questionnements et surtout d’une envie intacte de raconter.
Car pour moi, écrire ne consiste pas seulement à inventer des histoires.
C’est aussi interroger notre époque, faire revivre des mémoires, donner une voix aux silences et tenter, livre après livre, de comprendre un peu mieux ce qui se joue derrière les apparences.