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Rédaction
Terminus Lens : une voix, une gare, des souvenirs
Avec Terminus Lens, j’ai écrit une histoire qui est intimement liée à un souvenir personnel.
Avant même d’être le titre d’un roman, « Terminus Lens » était pour moi une voix.
Celle du haut-parleur de la gare.
À chacune de mes arrivées à Lens, après le voyage, il y avait cette voix qui annonçait le terminus. Une voix familière, presque anodine pour certains voyageurs, mais qui, au fil de mes visites, est devenue pour moi un véritable repère.
« Terminus Lens. »
Quelques mots seulement.
Et pourtant, ces mots signifiaient que j’étais arrivé.
Ils annonçaient la fin du voyage, mais aussi le début de quelque chose.
Lorsque je descendais du train, j’avais cette sensation particulière d’entrer dans une ville que je retrouvais, avec tout ce que cela pouvait représenter pour moi : des lieux, des visages, des souvenirs, des impressions et cette atmosphère si particulière de Lens.
C’est cette voix que j’ai gardée quelque part dans ma mémoire.
Et lorsque j’ai cherché un titre pour mon roman, elle s’est naturellement imposée à moi.
Terminus Lens.
Ce titre possède pour moi une signification beaucoup plus personnelle qu’il n’y paraît.
Un terminus, c’est la fin d’un trajet.
Mais c’est aussi le moment où l’on descend du train et où une autre histoire commence.
C’est exactement ce que je voulais raconter avec mon personnage, Martial Lecomte.
Martial est commissaire de police. Vingt ans après avoir quitté Lens, il est contraint d’y revenir pour enquêter sur une série de meurtres.
Comme un voyageur qui retrouve une gare après des années d’absence, Martial revient dans une ville qu’il connaît, mais qu’il ne regarde plus tout à fait de la même manière.
Parce qu’entre-temps, vingt années ont passé.
Et surtout, le passé n’a pas disparu.
J’ai voulu que son retour soit chargé de cette sensation que l’on peut éprouver lorsque l’on retrouve un endroit important de son histoire.
On reconnaît une rue.
Un bâtiment.
Un quartier.
Et soudain, un souvenir revient.
Parfois, il suffit d’un lieu pour faire remonter une période entière de notre vie.
C’est ce que je voulais faire vivre à Martial.
Son enquête commence avec des meurtres, mais elle va rapidement devenir beaucoup plus personnelle.
En revenant à Lens, il retrouve des personnes, des souvenirs et des événements qu’il avait tenté de laisser derrière lui.
Il pensait avoir quitté Lens. Mais Lens, elle, ne l’avait peut-être jamais vraiment quitté.
Cette idée me tenait particulièrement à cœur.
Parce que je crois que nous avons tous des lieux qui nous appartiennent un peu.
Des endroits où nous avons vécu quelque chose.
Des endroits qui ont compté.
Et même lorsque nous nous en éloignons, ils restent quelque part en nous.
Pour moi, Lens fait partie de ces lieux.
Je ne voulais donc pas simplement utiliser la ville comme décor d'un polar.
Je voulais lui donner une présence.
Je voulais que le lecteur puisse ressentir quelque chose de cette ville, de son histoire, de son atmosphère et de ce qu’elle peut provoquer chez quelqu’un qui y revient après longtemps.
Et puis il y avait cette gare.
Cette gare par laquelle je suis arrivé tant de fois.
Cette voix qui annonçait le terminus.
Cette phrase qui, à chaque fois, marquait la fin du voyage.
Avec le recul, je me rends compte que cette voix a probablement été le premier élément de mon roman.
Bien avant Martial Lecomte, avant l’enquête et avant les meurtres, il y avait ces quelques mots entendus au fil de mes arrivées :
« Terminus Lens. »
C’est peut-être cela qui explique pourquoi ce titre me semble aujourd’hui aussi évident.
Parce qu’il ne décrit pas seulement le lieu où se déroule l’histoire.
Il évoque un souvenir.
Il évoque une arrivée.
Il évoque un retour.
Et il évoque aussi cette frontière très particulière entre ce que l’on quitte et ce que l’on retrouve.
Dans mon roman, Martial revient à Lens après vingt ans.
Dans ma mémoire, chaque arrivée à Lens représentait également une forme de retour.
C’est là que mon histoire personnelle et celle de mon personnage se rejoignent.
Bien sûr, Martial n’est pas moi.
Son histoire est la sienne.
Ses blessures, ses choix et son passé appartiennent au roman.
Mais pour lui donner cette relation particulière avec Lens, je me suis appuyé sur ce que les lieux peuvent provoquer en nous.
Cette sensation étrange de revenir quelque part et de retrouver, en même temps que le lieu, une partie de soi-même.
C’est cela que j’ai voulu transmettre dans Terminus Lens.
J’ai voulu écrire un polar, mais je voulais aussi écrire une histoire de mémoire et de retour.
Une histoire dans laquelle une ville peut réveiller les souvenirs.
Une histoire dans laquelle un homme qui pensait avoir tourné la page découvre que certaines pages ne se referment jamais complètement.
Et finalement, lorsque je pense au titre aujourd’hui, j’entends encore cette voix.
Celle de la gare.
Celle qui annonçait mon arrivée.
Celle qui disait simplement que le voyage était terminé.
« Terminus Lens. »
Pour un voyageur, c’est la fin du trajet.
Pour moi, c’est devenu le début d’un roman.
Et peut-être que c’est justement cela que je voulais raconter : on croit parfois arriver au terminus, alors qu’en réalité, une nouvelle histoire ne fait que commencer.