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Calais Blues : pourquoi j’ai écrit ce roman
J’ai écrit Calais Blues avec l’envie de raconter Calais autrement.
Lorsque j’ai commencé ce roman, je voulais avant tout construire une histoire, avec ses personnages, ses mystères, ses tensions et ses rebondissements. Mais très vite, la ville de Calais s’est imposée comme bien davantage qu’un simple décor. Elle est devenue un personnage à part entière de mon récit.
J’ai choisi de placer mon intrigue dans cette ville particulière, marquée par sa proximité avec l’Angleterre, par les mouvements de population et par les destins de nombreux migrants qui espèrent traverser la Manche. Cette réalité m’a interpellé et j’ai voulu l’intégrer à mon histoire sans perdre ce qui fait l’essence d’un roman policier : le suspense, les interrogations et la recherche de la vérité.
Mon personnage principal, Emmanuel Rondet, est un chirurgien plasticien qui arrive à Calais dans une période difficile de sa vie. Sa rencontre avec Ella Camino, une jeune policière, va l’entraîner dans une affaire qui le dépasse. Des morts suspectes de migrants vont les conduire à chercher ce qui se cache derrière ces événements.
À travers eux, j’ai voulu parler d’une ville, mais aussi des hommes et des femmes qui la traversent ou qui y vivent. Je me suis intéressé aux zones d’ombre, aux destins individuels et à cette frontière qui sépare deux pays mais qui, pour certains, représente surtout l’espoir d’une nouvelle vie.
Le titre Calais Blues m’est venu naturellement. Le mot « blues » évoque pour moi une certaine mélancolie, une atmosphère particulière, une ville qui porte les traces de destins parfois difficiles. Calais possède cette ambiance singulière, faite à la fois de mer, de départs, d’attente et d’espoir.
Je n’ai pas voulu écrire un livre théorique sur la question migratoire. J’ai voulu raconter une histoire humaine, à travers les codes du polar. Le roman me permettait de poser des questions, de faire naître le doute et de conduire le lecteur dans des situations où les apparences ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être.
Avec le recul, je considère Calais Blues comme un roman profondément lié à son époque, mais dont les thèmes restent malheureusement actuels. Les questions de frontières, de migration, d’exil et d’espoir continuent de traverser notre société.
En tant qu’auteur, ce qui m’intéresse avant tout, c’est de donner une place à ces histoires et de permettre au lecteur de regarder un lieu ou une situation sous un autre angle.
Calais Blues est mon regard de romancier sur Calais : une ville de passage, une ville de contrastes, une ville humaine, parfois sombre, mais toujours fascinante.
J’ai voulu que le lecteur entre dans cette ville avec mes personnages, qu’il ressente son atmosphère et qu’il se laisse porter par l’enquête.
Et surtout, j’ai voulu raconter une histoire qui, derrière le suspense du polar, laisse une place aux êtres humains.