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Je me pose la question depuis l'annonce de ces nouvelles autorisations de pesticides.
Pour essayer de comprendre, je me suis penché sur les publications de la Confédération paysanne. J'ai essayé, à mon niveau, de lire leurs rapports, leurs communiqués.
Ce qui m'a marqué, c'est que dès 2016-2017, ils ont pris position pour une alternative au discours officiel sur les pesticides qui s'appuyait seulement sur la notion de "risque contrôlé". Ce n'est pas juste une posture contre, c'est un travail de fond qu'ils mènent depuis leur rapport d'orientation de 1987 et leur livre "L'agriculture paysanne : des pratiques aux enjeux de société".
J'y ai lu que leur projet, c'est de préserver nos ressources en excluant les méthodes dangereuses par leurs impacts directs ou indirects, nitrates, pesticides, OGM. Et de dire : accompagnons les paysans vers la sortie des pesticides plutôt que de poursuivre à tout prix un modèle qui nous oblige à importer plus de 50% des fruits et légumes qu'on consomme.
J'ai compris que rien n'était simple. Que le glyphosate par exemple, ce n'est pas juste un produit. Comme l'explique leur secrétaire national chargé des pesticides, il a un rôle structurel dans la logique du productivisme, il a permis l'agrandissement et la spécialisation à un rythme rapide.
Et c'est là que je me dis que c'est notre système qu'il faut regarder. Cette course à produire toujours plus. On ne produit plus pour le seul bénéfice de la population, mais pour celui des industriels. Ça nous mène, j'en ai l'impression, dans une impasse mortifère.
Le profit nous aveugle, nous rend sourds. Et il finira par nous tuer.
Moi, je n'ai pas de solution toute faite. Mais en lisant ces travaux paysans, je me dis qu'une autre agriculture est possible. Pas hors-sol, pas hors-réalité. Juste une agriculture qui remet la terre et le paysan au centre, pas la tonne et la marge.