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Social : quand il ne reste que le mépris pour contrer une équipe solidaire
Dans mon service de travail social, nous avons fait ce qui dérange le plus aujourd'hui : nous sommes restés solidaires.
Nous nous sommes soutenus, nous avons débattu, nous avons porté une parole collective. Dans nos métiers, c'est une compétence. C'est ce qui nous permet de tenir et de continuer à accompagner dignement.
La réponse que nous avons reçue tient en une image, lancée comme une blague pour parodier notre unité : nous serions le berger et ses brebis.
Ce n'est pas une blague. C'est une triple violence.
1. C'est méprisant.
Dire le berger et ses brebis, c'est dire qu'il y en a un qui pense et que les autres suivent. Un qui manipule et les autres qui bêlent.
Cette image nie l'intelligence de chaque personne de l'équipe. Elle infantilise. Elle sous-entend que nous serions incapables de réfléchir par nous-mêmes, de choisir librement de faire bloc. C'est le mépris du collectif et de l'intelligence collective.
2. C'est disqualifiant.
Quand on traite une équipe de troupeau, on n'a plus besoin de répondre à ce qu'elle dit. On n'a plus à parler de la charge de travail, de la perte de sens, des salaires bloqués, de l'usure. On disqualifie les messagers pour ne pas entendre le message.
C'est une technique bien connue : on individualise ce qui est collectif. On invente un meneur pour mieux isoler tout le monde. On fait passer la solidarité pour de la soumission. On divise pour mieux régner.
3. C'est insultant. Et c'est révélateur.
Oui, c'est insultant. Derrière brebis, il y a mouton. Suiveur. Sans cervelle. Dans un secteur où les équipes tiennent à bout de bras un service public dégradé par la logique des appels d'offres, cette insulte a un goût amer.
Pour conclure
Quand le seul argument contre une équipe unie devient la caricature et l'insulte, ce n'est pas la fin de l'équipe. C'est le début de la fin d'un modèle de management. C'est l'aveu qu'il n'y a plus d'argument sur le fond.
Nous ne sommes pas un troupeau. Nous sommes une équipe.
Et même si nous choisissons d'aller travailler ailleurs, nous ne partirons pas vaincus. Nous partirons avec notre solidarité intacte. Partir ne sera pas fuir. Ce sera choisir de préserver notre santé, notre éthique et notre dignité, plutôt que de rester là où le collectif est méprisé. Ce que nous avons construit ensemble, personne ne pourra nous l'enlever. Nous l'emporterons ailleurs.