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NOTE D'INTENTION
Les Descendants d'Éléonore Matzer — Olivier Therond
Éditions Assyelle, mars 2026
1. D'où je parle
Je n'écris pas depuis l'extérieur. J'écris depuis mon bureau d'éducateur spécialisé, entre deux synthèses, après une audience, avec le bruit des notifications qui réclament des chiffres.
À travers ce roman, j'ai voulu raconter bien plus qu'une simple fiction. En tant qu'éducateur, je suis confronté chaque jour aux contradictions d'un secteur qui devrait placer l'humain au centre, mais qui se retrouve souvent écrasé par les logiques administratives, les chiffres et les contraintes institutionnelles. Ce livre est né de ce constat.
2. Pourquoi maintenant
Parce que la fatigue morale gagne. Pas la fatigue du terrain, celle-là on la connaît et on l'aime. La fatigue du non-sens.
J'ai voulu faire le récit romancé d'une révolte et d'une espérance. Inspiré de faits réels, c'est un roman d'aventure : l'aventure de celles et ceux qui refusent d'abandonner l'idée de solidarité et choisissent d'agir pour retrouver le sens de leur engagement.
Je ne voulais pas un témoignage qui accuse, ni un essai qui théorise. Je voulais une histoire qui permette aux professionnels de se reconnaître sans se sentir jugés, et au grand public de comprendre de l'intérieur.
3. L'histoire
Dans un service de protection de l'enfance étouffé par la bureaucratie, quelques éducateurs décident de raviver l'héritage oublié d'Éléonore Matzer, pionnière du travail social. Réunis dans l'ombre, Marie et ses collègues forment un groupe clandestin : Les Descendants. Leur mission est de redonner une place à l'humain dans un système obsédé par les chiffres.
Ce n'est pas une cellule révolutionnaire. C'est un réseau de gestes : réécrire un rapport pour qu'on y entende un enfant, refuser une orientation absurde, transmettre un savoir-faire que l'institution n'évalue plus.
4. Mon parti pris d'éducateur • Ne pas opposer. Le système n'est pas l'ennemi, l'oubli l'est. • Montrer la compétence intime. Ce que fait un éducateur quand personne ne le regarde : tenir, traduire, réparer. • Rendre de la fierté. J'ai voulu que mes collègues, en fermant le livre, se disent : "c'est exactement ça, et ça vaut la peine."
L'écriture est volontairement romanesque, parfois tendue, parce que la réalité l'est. Mais je n'invente rien sur le fond : chaque situation a une racine dans quelque chose que j'ai vu, entendu ou vécu.
5. À qui je m'adresse
Aux travailleurs sociaux qui doutent. Aux étudiants qui arrivent et qui cherchent un pourquoi. Aux décideurs qui ont oublié que derrière chaque indicateur, il y a une histoire. Et à tous ceux qui croient encore que la solidarité n'est pas un slogan, mais une pratique.