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Lors d’une réunion dans un village de l’Essonne, une dame vient m’interpeller avec le sourire : « Je vous ai reconnu grâce aux réseaux sociaux. »
Nous échangeons quelques minutes. Elle se présente comme intervenante enfance au sein de notre communauté de communes. Puis elle me raconte une anecdote aussi drôle qu’inquiétante.
Un jour, elle monte un projet autour d’un atelier crêpes destiné aux enfants. Comme souvent dans les collectivités, il faut justifier le moindre euro demandé. Elle rédige donc son dossier avec sérieux : objectifs pédagogiques, organisation, matériel nécessaire… et même la recette des crêpes jointe au projet.
Quelques jours plus tard, réponse négative.
Motif du refus ?
« La recette n’est pas bonne. »
Je la regarde, pensant d’abord à une plaisanterie. Mais non. C’était bien réel. Le projet refusé non pas pour son coût, non pas pour son intérêt éducatif, mais pour une histoire de recette.
Le plus surprenant dans cette affaire reste peut-être l’identité de la personne ayant formulé cette réponse : une élue locale plutôt appréciée dans son village, malgré des méthodes et des “faits d’armes” parfois déconcertants.
Cette anecdote pourrait faire sourire. Pourtant, elle dit beaucoup de certaines dérives de la vie publique locale : quand la bureaucratie prend le pas sur le bon sens, quand la forme devient plus importante que le fond, quand des agents motivés finissent découragés pour des raisons absurdes.
Et après, certains s’étonnent que tant de personnes hésitent à prendre des initiatives.
En attendant quand crêpes sont empêchées par des tartes, le tout demeure hélas indigeste.