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À travers Les descendants d’Éléonore Matzer, j’ai voulu raconter bien plus qu’une simple fiction. En tant qu’éducateur spécialisé, je suis confronté chaque jour aux contradictions d’un secteur qui devrait placer l’humain au centre, mais qui se retrouve souvent écrasé par les logiques administratives, les chiffres et les contraintes institutionnelles. Ce roman est né de ce constat.
J’ai écrit ce livre pour donner une voix à tous ces professionnels du travail social qui continuent, malgré l’usure et les obstacles, à croire profondément à leur mission. Les personnages de Marie et des “Descendants” incarnent cette résistance discrète mais essentielle : celle de femmes et d’hommes qui refusent que l’accompagnement éducatif devienne une simple gestion de dossiers.
L’héritage fictif d’Éléonore Matzer symbolise pour moi les valeurs fondatrices du travail social : l’écoute, la dignité, la singularité de chaque enfant, la relation humaine avant tout. À travers ce roman, j’ai voulu interroger la perte de sens que beaucoup ressentent aujourd’hui dans les métiers du soin, de l’éducation et de la protection de l’enfance.
L’écriture m’a aussi apporté quelque chose de profondément personnel. Elle a été une manière de transformer des colères, des inquiétudes et parfois des découragements en création. Écrire m’a permis de prendre du recul sur mon métier, de mettre des mots sur certaines réalités difficiles, mais aussi de rappeler pourquoi j’ai choisi cette profession.
Ce roman m’a conforté dans l’idée que la littérature peut être un outil d’engagement. Comme dans mes autres écrits, j’essaie de parler de sujets de société, de mettre en lumière celles et ceux qu’on entend peu, et de questionner nos choix collectifs. Les descendants d’Éléonore Matzer est finalement un hommage aux éducateurs, aux enfants accompagnés, et à tous ceux qui continuent à croire qu’un système plus humain reste possible.