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Je viens de lire des informations sur le projet de budget 2026. Depuis 2017, on a presque doublé le budget des armées, de 32,7 milliards à 57,1 milliards d'euros pour l'an prochain. Et on rajoute encore 6,7 milliards d'un coup.
En face, le gouvernement annonce son plan "Stop à la dette" : gel des dépenses de l'État, coup de frein sur la santé, année blanche sur les prestations et les retraites. Matignon chiffre : la guerre va coûter 6 milliards en 2026, donc on coupe 4 milliards côté État et 2 milliards côté Sécu.
Moi, sur le terrain, je vois ce que ça veut dire. La formation des enseignants s'effondre : premier degré de 987 à 418 millions, second degré de 781 à 289 millions, soit 1,1 milliard en moins. Le Pacte enseignant passe de 780 à 480 millions. On supprime 3 000 postes de fonctionnaires dès 2026. On nous parle d'une hausse de 200 millions pour l'éducation, mais tout le monde sait que c'est mangé par l'inflation.
Je travaille avec des jeunes que l'école a déjà lâchés, des gamins placés, des ados en rupture. Ce n'est pas un blindé qui va les raccrocher. C'est un prof formé, un infirmier scolaire présent, un éduc qui ne part pas parce qu'il est épuisé et sous-payé. Quand on coupe dans la formation, on coupe dans la seule chance qu'ils ont de ne pas basculer.
Et on nous vend ça au nom de la sécurité. Ma sécurité à moi, ce n'est pas un missile de plus. C'est de pouvoir orienter un jeune vers un CMP qui n'est pas saturé. C'est de savoir qu'il y aura une place en IME, en hôpital de jour, en prévention spécialisée. C'est ça qui évite la violence, pas un budget défense qui explose.
En plus, on se tire une balle dans le pied économiquement. Au premier trimestre, la charge de la dette a pris 1,6 milliard d'euros, +37%, à cause des taux qui montent. On emprunte pour des armes, on paiera des intérêts pendant vingt ans, et pendant ce temps on n'aura pas investi dans ce qui tient vraiment un pays debout.
Je ne nie pas les menaces extérieures. Je dis juste que si on continue à sacrifier l'école, la santé, le travail social, on n'aura plus rien à défendre. Une société qui abandonne ses plus fragiles n'est pas forte, elle est fissurée de l'intérieur.
Alors oui, je m'y intéresse. Pas uniquement comme parent, mais comme professionnel qui voit tous les jours le prix de ces arbitrages.