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Quarante ans déjà que Coluche lançait les Restos du Cœur. J’aime me rappeler de lui, de son audace, de sa manière de dire les choses crûment, sans fioritures. Ce qu’il a créé n’était pas seulement un geste de solidarité, mais aussi une claque adressée au pouvoir politique. Comme pour leur dire : « Regardez, vous ne faites pas votre boulot, alors on va se débrouiller entre nous. »
Quarante ans plus tard, les Restos sont toujours là. Plus grands, plus organisés, plus nécessaires que jamais. Et c’est là que je m’interroge : comment est-il possible que dans un pays comme le nôtre, une telle structure doive encore exister et même s’élargir ?
Je crois au rôle des politiques, à leur pouvoir de transformer la société, de protéger les plus fragiles et de bâtir une justice sociale. Mais trop souvent, ce pouvoir s’efface derrière des calculs, des compromis ou des renoncements. Alors, ce sont les associations, les bénévoles, les citoyens qui se retroussent les manches pour faire ce que l’État ne fait pas.
Coluche avait lancé une alerte, avec humour et colère. Quarante ans plus tard, elle résonne toujours. Et je me demande : quand déciderons-nous collectivement que la solidarité ne doit plus être un pis-aller, mais un droit garanti pour tous ?