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Je vis en Essonne et je ne peux rester indifférent face aux rixes qui, trop souvent, ensanglantent nos communes. Chaque drame me bouleverse, parce qu’il touche des jeunes, parfois des enfants, et qu’il révèle un malaise profond. Derrière ces affrontements, je vois des destins abîmés, des familles brisées et un territoire qui peine à protéger sa jeunesse.
Je refuse de considérer ces violences comme une fatalité. Je sais qu’il existe des causes multiples : le décrochage scolaire, le manque de lieux de rencontre, la précarité, l’absence de perspectives, les rivalités attisées par les réseaux sociaux. Mais connaître ces causes ne suffit pas. Il faut agir.
Pour moi, la première réponse doit être la prévention. Nous avons besoin d’éducateurs de rue en nombre, de médiateurs présents dans chaque quartier, de structures sportives, culturelles et artistiques ouvertes à tous, accessibles, gratuites ou à coût symbolique. Je veux que les jeunes trouvent des espaces où parler, créer, s’engager, plutôt que de s’affronter.
Je crois aussi à la détection précoce des tensions. Les boucles d’alerte, les échanges entre écoles, associations, élus, forces de l’ordre et habitants doivent être renforcés. Quand un conflit commence à couver, nous devons pouvoir le désamorcer avant qu’il ne dégénère.
Enfin, je n’oppose pas prévention et sanction. La justice doit être rapide et claire quand des violences sont commises. La police doit être présente, mais dans un esprit de proximité et de dialogue, pas seulement de répression.
Je sais que ces propositions vont à l’encontre de la politique départementale actuelle, qui réduit les moyens de la prévention spécialisée et affaiblit le travail des éducateurs de rue. Pourtant, je persiste : c’est précisément dans ce sens qu’il faut aller. Protéger les jeunes, c’est investir dans l’avenir. Je choisis de croire que l’Essonne peut montrer la voie, si nous décidons collectivement de ne plus laisser la violence dicter sa loi.