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J’en ai plus qu’assez de voir des responsables politiques critiquer les décisions de justice dès qu’elles ne leur conviennent pas. Chaque fois, le scénario est le même : conférence de presse indignée, déclarations outrées, insinuations sur des juges soi-disant “idéologues”. Cette mise en scène, toujours calculée, n’a rien d’anodin : elle sape l’un des piliers de notre démocratie.
La séparation des pouvoirs n’est pas un luxe théorique, c’est une conquête arrachée par des générations avant nous. La justice est indépendante pour une raison simple : garantir que chacun, puissant ou modeste, soit jugé selon la loi, pas selon l’humeur des élus du moment. Quand un responsable politique attaque une décision parce qu’elle ne sert pas son camp, il n’exprime pas une opinion : il mine la confiance collective dans l’État de droit.
Qu’on ne se méprenne pas : je sais qu’il arrive qu’un verdict choque ou déçoive. Moi aussi, il m’arrive de ne pas comprendre une décision. Mais la démocratie n’exige pas que la justice plaise, elle exige qu’elle soit respectée. Si une loi paraît inadaptée, c’est au Parlement de la modifier, pas aux élus de pointer du doigt les magistrats pour se défausser de leurs propres insuffisances.
Ce double discours est insupportable : ces mêmes responsables se drapent dans la défense de l’État de droit quand cela les arrange, puis hurlent au scandale dès qu’un jugement les contrarie. C’est une stratégie politicienne, destinée à flatter un électorat et à détourner l’attention de leurs propres échecs. Pendant ce temps, la défiance grandit, et c’est toute la société qui s’en trouve affaiblie.
Je le dis clairement : respecter la justice, même quand elle dérange, est le minimum que l’on puisse attendre de celles et ceux qui prétendent gouverner. S’ils n’en sont pas capables, qu’ils aient au moins l’honnêteté d’assumer qu’ils préfèrent l’arbitraire au droit. Parce qu’à force de jeter le discrédit sur les juges, c’est la porte ouverte à un pouvoir sans contrôle. Et ça, je refuse de l’accepter.