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J’aurais aimé…
J’aurais aimé croire que le progrès allait de pair avec la sagesse. Que les inventions serviraient l’humain, et non l’inverse. J’aurais aimé voir la technologie au service de la solidarité, de la lenteur, de la beauté — pas comme un moteur d’isolement, d’avidité ou de guerre permanente contre le temps.
J’aurais aimé qu’on apprenne, un jour, de nos erreurs. Que les siècles d’injustices ne soient pas juste des chapitres d’histoire, mais des leçons profondément gravées. J’aurais aimé qu’on écoute les cris étouffés des forêts, des rivières, des bêtes qu’on élimine par confort ou par bêtise. Qu’on entende aussi les voix humaines qu’on relègue, qu’on écrase, qu’on classe comme inutiles.
J’aurais aimé que la politique ne devienne pas ce théâtre cynique, où l’on joue à promettre, à diviser, à effacer les colères sous des tapis de statistiques. Que le mot « démocratie » reste vivant, pas vidé de son sens, piétiné au nom de la rentabilité.
J’aurais aimé que les enfants grandissent dans un monde qui protège plutôt que de détruire. Qu’on leur enseigne à rêver, à douter, à aimer — pas à se vendre, à performer, à consommer.
J’aurais aimé un monde moins brutal. Un monde qui ne marche pas au pas cadencé du profit. Un monde qui ne laisse pas crever les plus faibles pendant que les plus riches s’inventent des paradis fiscaux et des planètes de rechange.
Mais je vis ici. Maintenant. Et tout ce que je peux faire, c’est refuser la résignation. Résister à l’indifférence. Dire non à ce monde qui part à vau-l'eau… et oui à tout ce qu’il reste à sauver.