/image%2F7041264%2F20250809%2Fob_e1b5c9_1000024286.jpg)
La lecture de différents articles m'amènent à tempérer le sentiment positif ressenti suite à la censure de la réintroduction de l’acétamipride par le Conseil constitutionnel, faisant presque oublier que l’essentiel de la loi Duplomb demeure. Et ce qui reste continue de menacer l’environnement, la santé et nos biens communs.
D’abord, la loi consacre les mégabassines en leur donnant une « présomption d’intérêt général ». En clair : les projets de stockage géant d’eau seront facilités, même dans des zones déjà en tension hydrique. C’est un feu vert à l’accaparement de la ressource au profit de quelques exploitations intensives, au détriment des écosystèmes et de l’eau potable pour tous.
Ensuite, l’assouplissement des seuils d’autorisation pour les élevages industriels permettra à des sites de plusieurs dizaines de milliers de volailles ou de milliers de porcs d’échapper à une évaluation environnementale approfondie. Moins de contrôles, c’est plus de risques : pollution de l’air et des sols, émissions massives de gaz à effet de serre, mal-être animal aggravé.
Autre recul : l’Office français de la biodiversité perd de son indépendance, ses agents étant placés sous l’autorité des préfets. Une porte ouverte aux pressions économiques et politiques locales pour limiter les contrôles.
Enfin, la séparation entre conseil agricole et vente de pesticides est supprimée. Les mêmes acteurs qui vendent des intrants chimiques pourront recommander leur usage, avec tous les conflits d’intérêts que cela implique.
En somme, même amputée de son volet le plus choquant, la loi Duplomb reste une loi d’affaiblissement des protections environnementales. Elle organise un recul réglementaire là où il faudrait au contraire renforcer la vigilance et la sobriété.