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Le 8 mai n’est pas un simple jour chômé. C’est un repère essentiel de notre histoire collective, une balise qui marque la fin de l’une des pages les plus sombres de l’Europe et du monde. Ce jour-là, il y a plus de 75 ans, l’Europe a enfin respiré après avoir mis fin à l’horreur nazie, ce régime qui a semé la mort, la peur et la haine sur notre continent. Des millions d’hommes, de femmes, d’enfants ont vu s’arrêter les bombes, les rafles, les déportations, les camps de la mort.
Le 8 mai, c’est la victoire de la liberté sur la barbarie, de l’humanité sur la machine de destruction organisée. C’est le triomphe de la solidarité sur l’indifférence, du courage sur la peur. Ce jour est un rappel vibrant que la paix n’est jamais acquise définitivement, qu’elle demande une vigilance constante et un engagement sans faille.
Supprimer ce jour férié sous prétexte de « productivité » ou de « modernisation » serait une erreur grave. C’est refuser de reconnaître que certains souvenirs, certains sacrifices, méritent une place à part. On entend souvent dire que « les jeunes ne savent plus », qu’ils ont perdu le contact avec cette histoire, mais comment pourraient-ils la transmettre s’ils n’ont plus le temps de la commémorer ? S’ils n’ont plus un jour pour s’arrêter, réfléchir, écouter les récits, comprendre les enjeux ?
Le 8 mai, ce n’est pas un jour perdu pour l’économie : c’est un jour gagné pour la mémoire. C’est un temps de pause, un souffle, un moment pour se souvenir que le combat pour la paix, la liberté, la justice est un combat quotidien.
Au-delà du souvenir, j’aimerais que ce jour devienne aussi une journée dédiée à la paix : un moment où l’on parle de la paix, où l’on échange sur ce qu’elle signifie, sur ce qu’elle exige de nous, sur la nécessité de la construire sans relâche. Un jour où l’on affirme que la paix n’est pas un état passif, mais une lutte active, un engagement collectif et individuel.
Le prix de la liberté ne se calcule pas en heures de travail, en chiffre d’affaires, en productivité. Le vrai coût serait celui de l’oubli. Et l’oubli, lui, coûte bien plus cher : il pave la route des rechutes, des replis identitaires, des haines renaissantes.
Ne laissons pas tomber cette mémoire collective, ce repère indispensable. Le 8 mai doit rester un jour férié, un jour sacré pour notre conscience commune. Parce que la liberté a un prix. Parce que la paix mérite d’être célébrée et protégée. Parce que l’oubli, lui, coûterait bien plus cher encore.