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À mon père
Aujourd’hui, tu aurais eu 85 ans.
Depuis 2008, le temps passe, mais ton absence reste intacte.
Chaque année, à cette date, quelque chose en moi s’arrête. Un silence, un souvenir, une présence.
Je repense à ta voix, à ton regard, à ta manière de dire les choses sans trop en dire.
À tes gestes, à tes silences, à tout ce que tu m’as transmis sans même que je m’en rende compte.
Et puis, il y a ce poids discret des regrets.
Les mots qu’on n’a pas su se dire, retenus par pudeur ou par peur.
Les questions que je n’ai jamais osé te poser, pensant qu’il y aurait toujours du temps.
J’aurais aimé te mieux comprendre, connaître tes blessures, tes rêves inachevés.
J’aurais voulu t’entendre me parler de ta jeunesse, de ce que tu aimais vraiment.
Mais tout cela s’est tu avec toi.
Tu n’es plus là, et pourtant tu es partout.
Dans mes doutes, dans mes forces, dans les valeurs que je défends.
Je continue d’avancer avec ton ombre bienveillante posée sur mon épaule.
Je te parle parfois en silence, je t’imagine fier, ou simplement là, à écouter.
Aujourd’hui, je me souviens.
Et je t’écris, parce que l’amour ne meurt pas, même quand les gens s’en vont.
Tu aurais eu 85 ans, et tu es toujours là, quelque part, en moi.
Pour toujours.