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Je suis là, seul face à cette mer déchaînée, comme un homme face à lui-même. Le vent hurle, les vagues fracassent les rochers, et dans cette fureur liquide, je sens battre mon propre tumulte intérieur. Rien n'est calme ici, rien n'est doux. C’est une mer brute, honnête, qui ne cache rien. Comme moi.
Je pourrais avoir peur. Mais non. Je suis fasciné. Il y a quelque chose de viscéral, de primitif dans ce chaos. La mer ne demande ni pardon ni permission. Elle est ce qu’elle est : vivante, libre, indomptable. Et moi, je me tiens là, minuscule et tremblant, mais droit. Comme si ce tumulte m’aidait à me souvenir que je suis encore debout, encore là.
Je respire l’iode, je sens la morsure du sel sur mes lèvres. Chaque vague qui gronde me parle d’un combat ancien, d’une colère qui ressemble à la mienne. Peut-être que je viens ici pour me perdre. Peut-être que je viens pour me retrouver. Qu’importe. Face à cette mer orageuse, je ne suis plus un homme du monde. Je suis un fragment de nature, emporté par la tempête.