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Éducateur spécialisé en AEMO, je soutiens la mobilisation du secteur social et médico-social — Du 12 au 16 mai, soyons solidaires, soyons debout
Éducateur spécialisé en AEMO, je suis chaque jour aux côtés de familles fragilisées, de mineurs en danger, de situations humaines complexes. Notre mission est d’accompagner, de protéger, de restaurer des liens, dans un cadre éthique et humain. Mais depuis plusieurs années, je constate une dégradation profonde de nos conditions de travail, de nos marges de manœuvre et du sens même de nos métiers.
Cette dégradation n’est pas une fatalité. Elle est le fruit d’une politique délibérée, portée par l’État et relayée sans résistance — voire avec zèle — par des directions trop souvent ancrées dans une méthodologie d’action héritée d’un libéralisme forcené, inspirée des logiques du management privé : rationalisation, performance, contractualisation, rentabilité. Ces logiques détruisent ce qui fait l’essence même du travail social.
Les réformes en cours — conventions collectives vidées de leur substance, précarisation, intensification du travail, tarification à l’acte — traduisent une volonté de transformer notre secteur en marché de services sociaux, où la vulnérabilité devient un coût à compresser, non une humanité à protéger.
Face à cela, la semaine de mobilisation du 12 au 16 mai, et particulièrement la grève du 15 mai, est une étape cruciale. Ce mouvement s’inscrit dans une lutte plus large : celle pour redonner sens et dignité à nos métiers, mais aussi pour changer radicalement de méthode et de paradigme.
Il est temps de cesser de subir les choix stratégiques de directions qui appliquent sans débat des consignes descendantes, technocratiques, déconnectées des réalités de terrain. Il est temps d’imposer une nouvelle gouvernance, construite avec les professionnel·les, les personnes accompagnées et les territoires. Il est temps de politiser notre action pour sortir du carcan néolibéral et replacer l’humain au centre.
En tant qu’éducateur, je refuse d’être le rouage d’un système qui abîme autant ceux qui accompagnent que ceux qui sont accompagnés. Je veux être acteur d’un changement nécessaire, urgent, solidaire.
Le 15 mai, je serai en grève. Parce que nos métiers méritent mieux. Parce que les enfants, les familles, les personnes en situation de handicap ou de précarité méritent mieux. Parce que notre société mérite mieux que cette gestion froide du social.
Le social ne se réforme pas par la rentabilité. Il se défend, il se pense, il se construit collectivement. Ensemble, reprenons la main.