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Hier, comme la semaine dernière, des lycéens et des familles ont de nouveau défilé contre la vie chère. Ils ne réclament pas « plus ». Ils réclament « assez » : assez pour manger, se loger, se chauffer, étudier sans craindre l'avenir. Ce dessin de Slobodan Diantalvic le dit mieux que n'importe quel communiqué.
Mais ce qui me frappe, c'est la manière dont on parle de ces journées. On commence par compter les incidents, [les cortèges encadrés, les dispositifs policiers, les bilans d'interpellations], et la revendication passe après, quand elle passe. Sans grande annonce, l'air de rien, la manifestation devient un problème d'ordre public avant d'être une parole. Chaque restriction a sa justification, mais mises bout à bout, elles installent l'idée que contester est suspect.
Or le droit de manifester n'est pas un luxe de temps calme. C'est le seul recours de ceux qu'on n'entend pas autrement : des lycéens qui n'ont pas encore le droit de vote, des ménages dont les fins de mois ne tiennent plus. Les décourager, c'est leur répondre que « assez » est une exigence excessive.
Deux samedis, deux semaines de suite : ce n'est pas du bruit, c'est un message répété. Le poing levé sous la pancarte ne menace personne. Il serait temps de l'entendre.