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À vous, avant de partir
Il y a des choses qu'on n'arrive jamais tout à fait à dire au bon moment, alors je préfère les écrire.
D'abord, le respect. Trois ans à vous voir tenir, jour après jour, un métier qui demande d'accueillir la détresse des familles sans jamais s'y noyer soi-même. Je sais ce que ça coûte. Je vous ai vus le payer, chacun à votre manière, sans jamais renoncer à faire le travail correctement. Ce respect-là, je ne le dois pas à une fonction ou à un statut : je le dois à ce que j'ai vu de vous, au quotidien, dans les moments où personne ne regarde.
Ensuite, la reconnaissance. Celle que l'institution ne sait pas toujours donner, je veux vous la donner ici, sincèrement. Merci pour les situations partagées à plusieurs quand une seule tête n'y suffisait pas. Merci pour les fois où l'un de vous a rattrapé ce que je n'arrivais plus à porter, sans jamais me le faire sentir comme une faiblesse. Merci d'avoir fait de ce service, malgré tout ce qui aurait pu nous diviser, un endroit où j'ai eu envie de venir travailler pendant trois ans.
Les remerciements, enfin, ne suffisent jamais vraiment à mesurer ce qu'on reçoit des autres. Alors simplement : merci, Véronique, Cécile, Céline, Melissa, Dja, Maelie, Olivier. Merci d'avoir été des collègues au sens le plus exigeant du terme — présents, fiables, capables de dire les choses avec franchise sans jamais perdre l'estime de l'autre.
Et puis il y a l'amitié, qui déborde largement le cadre professionnel et que je ne quitte pas, elle. Les liens qu'on tisse dans ce métier ont une intensité particulière, parce qu'ils se construisent au milieu de ce qu'il y a de plus dur dans la vie des gens qu'on accompagne. On ne sort pas indemne de ce qu'on traverse ensemble, et je préfère de loin en sortir attaché à vous plutôt qu'indifférent.
Je pars, mais rien de ce que nous avons construit ensemble ne reste dans ce service. Cela vient avec moi, et j'espère sincèrement continuer d'y avoir une petite place pour vous.
Avec toute mon estime et mon amitié,