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Un autre rythme, une autre aventure
Plus d'AEMO. Après trois ans à porter des dizaines de situations en parallèle, je m'apprête à rejoindre un lieu de vie et d'accueil, auprès d'une huitaine de jeunes, dans un rôle que je n'avais pas cherché mais qui s'est imposé à moi : éducateur de jour, aux côtés de quatre collègues qui se répartiront les tranches 10h-16h et 16h-23h, pendant que je tiendrai, pour ma part, 7h30-16h30 sur quatre jours.
Changer de rythme n'est jamais anodin dans ce métier. Après des années où mon temps de travail se mesurait en rendez-vous, en rapports, en échéances judiciaires, je vais découvrir un temps rythmé différemment : celui du quotidien partagé avec des jeunes qui vivent sur place, celui des matins et des après-midis plutôt que des rendez-vous ponctuels. Un rôle différent, donc, mais qui n'efface rien de ce que vingt ans de parcours m'ont appris — au contraire, c'est précisément cette expérience accumulée que je compte y mettre au service d'une nouvelle manière de faire.
Je n'avais pas anticipé ce virage. Les derniers mois ont été plutôt compliqués, personnellement comme professionnellement, et ce projet s'est présenté à un moment où je ne l'attendais pas vraiment. Mais il y a souvent une forme de justesse dans ce qui s'impose plutôt que dans ce qu'on planifie : se replonger dans un projet nouveau, avec des repères à reconstruire, a sans doute des vertus que je ne mesure pas encore pleinement.
En attendant, je pense d'abord aux vacances, à ce temps suspendu avant de reprendre. Je pense aussi à mes collègues devenus amis, que je laisse derrière moi sans les perdre vraiment. Et puis il y a demain, cette nouvelle aventure, que j'ai bien l'intention d'attaquer avec gourmandise.