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Je m'installe pour regarder tranquillement le match, version adulte mature qui prend du recul.
Au bout de trois minutes je suis déjà sélectionneur, arbitre, cardiologue et voyant.
Quand on attaque, je veux qu'on marque tout de suite, mais pas trop vite parce que sinon je vais m'ennuyer pendant 90 minutes. Quand on défend, je hurle qu'il faut dégager loin, puis je hurle qu'on ne sait pas garder le ballon.
On mène 1 à 0. Je suis en extase totale et en dépression anticipée. Je calcule déjà comment on va réussir à perdre 2 à 1. Je commence à dire à voix haute que je le sens mal, comme si mon pessimisme allait protéger le score.
Mon joueur préféré rate une occasion immanquable. Je l'adore, c'est mon frère, mon fils, mon héros. Deux secondes après je propose son transfert en Antarctique.
Il y a but égalisateur en face. Je deviens philosophe. Je me dis que ce n'est que du foot, que l'important c'est le jeu, que la vie continue. Et en même temps j'ai envie de jeter la télécommande par la fenêtre pour lui apprendre le respect.
Coup de sifflet final. On a fait match nul. Je suis vidé, affamé, enroué, et je déclare que plus jamais on ne me reprendra à regarder ça.
Jusqu'à la semaine prochaine.