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C'est bien de parler du réchauffement climatique quand on étouffe sous 40 degrés à l'ombre. C'est mieux d'en parler et d'agir réellement pour le bien-être des enfants, maintenant et plus tard.
Je regarde notre école depuis 26 ans. Je vois la même histoire se répéter.
Un été, on repeint un mur et on appelle ça "rénovation". L'année d'après, on pose deux bacs à fleurs sur du bitume et on appelle ça "végétalisation". On prend la photo. On attend la canicule suivante.
Moi, je ne vois pas d'îlot de fraîcheur. Je vois une cour qui renvoie la chaleur, un sol qui n'absorbe rien, des enfants qui cherchent l'ombre d'un préau trop petit.
Je n'ai pas oublié les mots qu'on a écrits sur nous. Ils n'ont pas été chuchotés, ils ont été imprimés. Dans un flyer diffamant, on parlait de la "méconnaissance des dossiers" des membres d'Angervilliers Citoyens, de notre "manque d'expérience". On nous a rangés dans la case amateurs.
26 ans plus tard, je regarde le bilan de cette expérience revendiquée : toujours du bitume, toujours pas d'ombre, toujours pas de désimperméabilisation. Visiblement, la compétence ne fait pas avancer grand-chose quand elle sert à justifier l'immobilisme. C'est un choix, une majorité l'a souhaité et je le respecte. Mais je refuse qu'on nous fasse croire que c'était le seul choix possible.
Avec Angervilliers Citoyens, nous avions proposé autre chose. Pas un rafistolage. Une nouvelle école pensée pour le climat d'aujourd'hui : matériaux qui respirent, cours désimperméabilisées, vraie végétalisation, des îlots de fraîcheur dedans et dehors, avec des spécialistes pour nous guider.
Ce n'était pas un rêve isolé. À Paris, on transforme les cours en "oasis" parce que remplacer le bitume par du végétal et des sols perméables fait baisser la température locale. À Nancy, depuis 2021, on a engagé les 44 écoles publiques pour enlever du bitume, laisser l'eau s'infiltrer et planter pour créer de l'ombre. Et en Île-de-France, la Région finance justement ces projets dans les cours d'écoles, jusqu'à 50% des travaux, 60% en zone de forte chaleur, avec 30 000€ possibles pour les études et 250 000€ pour les travaux
On me dira : tu n'as plus d'enfants scolarisés dans le village, pourquoi tu insistes? Justement parce que je n'en ai plus. J'aimerais un projet même si je n'ai plus d'enfants scolarisés dans mon village. Parce que gérer, ce n'est pas repeindre chaque mandat. Gérer, c'est prévoir et agir pour l'avenir.
Parce que l'école est essentielle à la vie d'un village. En la maltraitant, on maltraite notre village.
Alors je pose la question : qu'est-ce qu'on attend à Angervilliers?
Je suis responsable, comme chacun. Ma responsabilité aujourd'hui, c'est de dire que deux bacs à fleurs ne feront pas baisser la température. Ma responsabilité, c'est de dire qu'un flyer insultant ne tient pas lieu de projet.
J'aimerais plus d'un coup de peinture. J'aimerais un véritable projet. Quand on vend une expérience supposée autant qu'elle serve.