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#oliviertherond
L'extrême droite n'est pas une solution.
Autour de moi, beaucoup votent extrême droite. Je ne détourne pas le regard. Je peux entendre la colère, la fatigue, le sentiment d'être laissé de côté. Et parce que je l'entends, je tiens à une chose par-dessus tout : pouvoir encore parler à tout le monde, sans tri préalable.
Je m'oppose à l'extrême droite parce qu'elle défait ce qui nous tient ensemble.
Je m'y oppose parce que je connais des visages, pas des catégories. Quand on me parle de Français de première et de seconde zone, je pense à celui qui soigne la nuit, à celle qui enseigne, à celui qui répare une chaudière, à tous ceux qui font tourner nos journées...
Leur projet, c'est de trier. Le mien, c'est de saluer.
Je m'y oppose parce que j'ai besoin d'un pouvoir qui écoute, pas qui surveille. Nous avons besoin de services publics qui tiennent, de lieux où l'on se retrouve, de règles qui protègent chacun. L'extrême droite promet l'ordre en échange du silence. Ce n'est pas un ordre, c'est une fermeture.
Je regarde aussi les actes, pas seulement les mots. À l'Assemblée nationale, les députés d'extrême droite ont voté contre l'augmentation du SMIC à 1 500 euros, contre le gel des loyers, et pour durcir l'accès à l'assurance chômage, ont un discours peu clair sur la question des retraites...
Il suffit d'ouvrir les comptes rendus pour voir l'écart entre ceux qu'ils disent défendre et ce qu'ils votent vraiment.
Je m'y oppose parce que je refuse la peur comme programme. Oui, la vie est chère, le logement manque, l'isolement gagne, l'avenir inquiète. Imputer tout cela à l'étranger, au musulman, à l'autre différent de moi ne répare rien. Cela nous sépare au moment précis où nous aurions besoin d'agir ensemble.
Je m'y oppose parce que ma mémoire n'est pas une idée. Notre histoire a déjà montré où conduit le doigt pointé. Les noms sur les stèles, les leçons apprises dans la douleur, me rappellent qu'aucune hiérarchie des vies ne protège personne.
Alors non, je ne le fais pas contre des gens. Je le fais pour nous. Pour garder un espace où l'on peut être en désaccord sans s'exclure, où l'on construit sans chercher un ennemi. C'est pour cela que je n'ai pas le choix. Je m'oppose, et je veux continuer à parler avec tout le monde.
L'extrême droite n'est vraiment pas une solution.