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Dans Terminus Lens, j’ai voulu écrire bien plus qu’un simple polar. Mon point de départ, c’est un retour — celui de Martial Lecomte dans une ville qu’il a quittée vingt ans plus tôt, sans vraiment la quitter intérieurement.
Je me suis intéressé à ce moment particulier où l’on revient là d’où l’on vient, avec tout ce que cela implique : les souvenirs, les regrets, les silences, et surtout ce qu’on a tenté d’enfouir. L’enquête criminelle est présente, bien sûr, mais elle sert avant tout à faire remonter ce passé à la surface.
Avec Martial, je n’ai pas cherché à construire un héros. Au contraire, je voulais un homme traversé par ses failles, quelqu’un qui doute, qui évite, qui porte en lui une forme de fatigue morale. Son retour à Lens n’est pas une décision héroïque — c’est presque une contrainte, une confrontation.
La ville de Lens, justement, occupe une place centrale dans mon écriture. Je la considère comme un personnage à part entière. Son histoire, son passé ouvrier, ses transformations, ses blessures sociales influencent directement les trajectoires humaines que je décris. Le crime, dans ce contexte, n’est jamais isolé : il s’inscrit dans un tissu social, dans une mémoire collective.
Ce qui m’intéresse profondément, c’est cette frontière floue entre l’intime et le social. Derrière chaque geste, chaque silence, il y a une histoire plus vaste. À travers Terminus Lens, j’ai cherché à explorer les non-dits, les fractures, les culpabilités diffuses — tout ce qui façonne les individus sans toujours se dire.
Au fond, ce roman pose une question simple : peut-on vraiment échapper à ce que l’on a été ?