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J’ai choisi d’installer les premières enquêtes de Théodore Grandin autour des clubs de Saint-Étienne et de Lens parce que ces lieux ont toujours représenté pour moi bien plus que du football. Ils incarnent une certaine idée de la France populaire, celle des mains abîmées, des solidarités qui se tissent dans l’adversité, des communautés qui tiennent debout malgré les coups du sort.
En tant qu’ancien journaliste, Grandin porte en lui cette curiosité pour les territoires où la passion se mêle à la lutte, où chaque victoire sportive ressemble à une revanche sur la vie. Saint-Étienne et Lens sont de ces villes où le club est un repère, presque une famille, un drapeau qu’on brandit quand tout vacille. C’est dans ces endroits que les histoires humaines sont les plus intenses, les plus vraies, et c’est là que j’ai eu envie de le faire débuter.
Ces terres ouvrières, marquées par les blessures industrielles, sont imprégnées d’une dignité que j’admire profondément. Elles portent encore l’écho des combats syndicaux, des nuits dans les usines ou au fond des mines, et d’une fierté que rien n’a réussi à briser. En plongeant Grandin dans ces univers, je savais qu’il trouverait des affaires où l’enquête criminelle n’est jamais dissociée du contexte social, où chaque piste raconte quelque chose de notre époque.
En réalité, commencer par Saint-Étienne et Lens, c’était une manière d’affirmer ce que je veux faire avec ce personnage : montrer que derrière chaque crime, il y a des vies, des colères, des espoirs. Et que parfois, il faut aller dans les stades, dans les corons, dans les cafés où l’on refait le match pour comprendre ce que la surface ne dit jamais.