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l’hypocrisie qui entoure l’usage des nicotinoïdes, ces insecticides, qu’on a pourtant interdits une première fois en raison de leur toxicité pour les abeilles, continuent de revenir par la petite porte, à coups de dérogations, de pressions économiques et de calculs électoraux. Pendant ce temps, les pollinisateurs disparaissent, les sols s’appauvrissent, et les agriculteurs eux-mêmes s’enfoncent dans un modèle de plus en plus dépendant, de moins en moins viable.
Je refuse cette fuite en avant. Car derrière cette question technique, se cache une bataille bien plus large : celle de la souveraineté alimentaire. Produire de quoi nourrir dignement nos populations, de manière saine, locale, durable, sans dépendre des géants de l’agrochimie ni des importations de denrées cultivées sans aucune exigence environnementale — voilà l’enjeu. Et il est immense.
Je suis de ceux qui pensent que l’agriculture ne peut pas se résumer à des hectares et des rendements. Elle est aussi culture, lien au vivant, responsabilité collective. Une terre qu’on empoisonne aujourd’hui ne nourrira personne demain. Une ruche silencieuse, c’est une promesse de stérilité. Un agriculteur acculé à l’endettement et aux intrants, c’est un drame humain autant qu’une aberration économique.
Face à cela, il est urgent de tracer une autre voie. Celle de l’agroécologie, du respect du vivant, de la revalorisation du travail paysan, de la relocalisation des filières. C’est un chemin exigeant, mais porteur de sens, de résilience et de justice. Il exige des choix politiques clairs, du courage et de la cohérence.
Et justement, c’est là que l’Europe doit jouer son rôle. Une véritable politique agricole européenne ne peut pas se contenter de verdir ses discours tout en tolérant les exceptions et les contournements. On ne peut plus accepter que des produits interdits dans un État membre soient autorisés dans un autre, ni que des denrées traitées avec ces substances continuent d’entrer sur le marché unique. Ce double langage trahit les citoyens, les agriculteurs, et les principes mêmes de solidarité et d’équité.
Je réclame une Europe qui protège : les sols, les eaux, les insectes, les producteurs, et au bout de la chaîne, les citoyens. Une Europe qui cesse de plier face aux lobbys, qui soutient la transition agroécologique par des moyens financiers massifs, une recherche indépendante, et des politiques publiques ambitieuses.
Refuser les nicotinoïdes, ce n’est pas un caprice écologique. C’est un acte de souveraineté. C’est décider que l’agriculture ne se fera pas contre la nature, mais avec elle. C’est dire que l’alimentation ne doit pas être le terrain de jeu du marché, mais un droit fondamental à préserver, à garantir, à réinventer.
Je suis de ceux qui veulent se battre pour cette vision. Parce qu’elle est juste. Parce qu’elle est nécessaire. Et parce qu’elle est encore possible.