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Cette déclaration est une insulte à l’intelligence collective. Quand un élu prétend que les citoyens ne signeraient pas une pétition d’eux-mêmes sans être « instrumentalisés », il révèle surtout à quel point il les méprise. Plus d’un million de signatures, ce n’est pas le fruit d’une manipulation, c’est l’expression d’un rejet profond, sincère, argumenté.
Ceux qui refusent de l’admettre préfèrent parler de complot ou d’influence plutôt que de se remettre en question. C’est plus facile de dire que les gens sont manipulés que de reconnaître qu’ils s’opposent à une loi parce qu’ils la jugent injuste, inutile ou nuisible.
Ce discours révèle un pouvoir qui ne supporte pas d’être contredit, surtout quand la contestation vient d’en bas. C’est une manière de disqualifier la parole citoyenne, de la rendre suspecte, illégitime, presque honteuse. Mais ce mépris assumé ne fait qu’aggraver la fracture démocratique.
Les gens ne sont pas dupes. Et ce n’est pas en les prenant de haut qu’on éteindra leur colère.