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Je me souviens encore de l’excitation qui m’a envahi lorsque j’ai tenu Calais Blues entre mes mains pour la première fois. Publié à compte d’éditeur, il n’était plus seulement mon texte, mais un véritable livre, façonné par d’autres regards, d’autres mains. Ce n’était plus un simple fichier sur mon ordinateur ou un manuscrit annoté, mais un objet tangible, avec son poids, son odeur d’encre et de papier fraîchement imprimé.
Lorsque j’ai ouvert le colis contenant les premiers exemplaires, j’ai hésité un instant avant d’en saisir un. Je n’avais jamais nourri de grandes ambitions littéraires, juste l’envie d’écrire, de raconter des histoires qui me tenaient à cœur, d’explorer des univers où la réalité se mêlait à la fiction. Voir mon nom imprimé sur la couverture m’a procuré une fierté discrète, presque timide, comme si je peinais à croire que ces pages étaient réellement les miennes.
Je me suis surpris à tourner les pages lentement, redécouvrant mes propres mots sous un jour nouveau. Ce livre était l’aboutissement de mois d’écriture, de doutes, d’ajustements, mais surtout d’un immense plaisir. Écrire, pour moi, n’a jamais été une quête de reconnaissance ou de succès, mais un besoin profond, un espace de liberté où je peux donner voix à mes personnages, interroger le monde à ma manière.
Ce moment restera gravé en moi, non pas comme un aboutissement, mais comme un point de départ. Plus qu’une simple publication, Calais Blues était la confirmation que l’écriture faisait partie de moi, que, modestement, j’avais quelque chose à raconter. Et cela suffisait à me rendre heureux.