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J'ai donc pris acte. Le verdict des urnes est sans appel, et avec lui vient le temps des décisions difficiles. La défaite, je l’ai pleinement assumée. Mais ce que je refuse, c’est le récit édulcoré que certains voudraient en faire.
Cette campagne a été abjecte. Violente dans les mots, insidieuse dans les méthodes, menée par celle qui se présente aujourd’hui en vierge colombe, allant jusqu’à dénoncer une prétendue agressivité dont elle a pourtant largement nourri le terreau. Il y a là une forme d’indécence qui en dit long sur la sincérité des postures.
Pendant ce temps, des sujets essentiels ont été instrumentalisés. La question du médecin, notamment, a été abondamment commentée, souvent à mauvais escient. Comme si tout cela datait d’hier. Comme si, depuis deux mandats, quelque chose avait été fait— ou plutôt, tenté sérieusement. Ceux qui découvrent aujourd’hui l’urgence feignent d’ignorer des années d’inaction. Plus grave, les gens restés inactifs qui se permettent de juger le résultat de mois de travail pour attirer un médecin d'un simple revers de la main... Un médecin gériatre ne serait pas un médecin... Bref, tout le niveau de notre pauvre village résumé en une phrase.
Et puis il y a ce que j’entends, de plus en plus souvent : la peur. La peur du maire. Je ne la nie pas. Je peux même, en partie, la comprendre au regard des pratiques que beaucoup décrivent à voix basse. Pratique qui finira bien par éclater au grand jour. Mais cette peur, utilisée comme excuse, me fatigue. Elle enferme, elle paralyse, elle justifie l’inaction et le silence. Et le silence, lui, finit toujours par servir ceux qui abusent du pouvoir.
J’ai dénoncé, pendant des années. J’ai alerté, proposé, combattu. Aujourd’hui, au vu du résultat, je considère qu’il ne sert à rien de continuer de la même manière. Alors oui, je prends la décision de démissionner. Non pas par renoncement, mais par lucidité.
Mais je veux aussi le dire clairement : avec le groupe que nous avons construit depuis des mois, nous avons participé au renouvellement des élus. C’est une réalité, et j’en suis fier. Les personnes aujourd’hui dans l’opposition ont toute ma considération et mon soutien. À elles et eux désormais d’apporter un nouveau souffle, d’incarner une autre manière de faire.
Car il ne s’agit pas pour moi de disparaître. Bien au contraire. Je continuerai autrement. Je serai toujours présent aux côtés de celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont eu à subir les agissements de ce triste personnage et de ses affidés. Je resterai attentif, engagé, disponible.
Pour ma part, je ferai le choix de rester dans l’ombre, à l’écoute, prêt à agir lorsque cela sera nécessaire. Disponible pour contribuer, à ma manière, à mettre un terme au règne des faux-semblants.
Le temps de la reconnaissance viendra. Il vient toujours. Et ce jour-là, il ne sera plus question de peur, mais de vérité.