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Je refuse cette volonté de rebaptiser les EHPAD en « Maisons France Autonomie ». Derrière ce changement de nom, je vois surtout une opération de communication destinée à masquer une réalité que chacun connaît : celle d’un secteur du grand âge en grande souffrance.
Changer les mots ne changera ni le quotidien des résident·es, ni celui des personnels. Ce ne sont pas les enseignes qui manquent dans les établissements, ce sont des soignant·es, du temps, des moyens et de la considération. Depuis des années, les alertes se multiplient : épuisement des équipes, manque d’effectifs, difficultés d’accompagnement, souffrance des familles. Pourtant, au lieu d’engager un véritable plan d’urgence pour le grand âge, le gouvernement préfère travailler sur une nouvelle appellation, comme si le problème était avant tout sémantique.
Je trouve cette démarche profondément révélatrice d’une politique qui privilégie l’image à l’action. Derrière des termes plus modernes ou plus consensuels, la réalité reste la même. Une personne âgée dépendante ne sera pas mieux accompagnée parce que l’établissement dans lequel elle vit porte un nom différent. Un agent ne verra pas ses conditions de travail s’améliorer grâce à une campagne de rebranding.
Je crois au contraire qu’il faut avoir le courage de regarder la situation en face. Le secteur du grand âge a besoin d’investissements massifs, de recrutements, de formations renforcées et de salaires revalorisés. Il a besoin d’une véritable politique publique humaine et ambitieuse, fondée sur la dignité des personnes âgées et le respect des professionnels qui les accompagnent chaque jour.
Je suis indigné que l’on transforme un enjeu aussi grave en simple opération de communication. Nos aînés méritent mieux qu’un changement de façade. Ils méritent des actes.