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Il y a quelque chose de profondément inquiétant dans l’époque que nous traversons.
Ce ne sont pas seulement les crises qui s’accumulent — elles ont toujours existé — mais la manière dont certains responsables choisissent d’en parler. L’outrance est devenue un mode d’expression. L’exagération tient lieu de vision. La peur devient un outil politique.
À force de mots trop grands, de menaces disproportionnées et de postures spectaculaires, le débat public se dégrade. Il ne s’agit plus d’éclairer, mais d’impressionner. Plus de convaincre, mais de sidérer.
Et pendant ce temps-là, les vrais enjeux — sociaux, environnementaux, humains — exigent du sang-froid, de la nuance et du courage. Pas des déclarations fracassantes.
Nous ne sommes pas condamnés à être dirigés par le vacarme. Il existe encore, à tous les niveaux, des femmes et des hommes qui agissent avec sérieux, responsabilité et sens de l’intérêt général. C’est vers eux que nous devons regarder, et surtout, c’est avec eux qu’il faut reconstruire une parole publique digne de ce nom.