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J’observe la situation géopolitique actuelle avec un certain malaise. J’ai l’impression que le monde s’est durci, presque imperceptiblement au début, puis de manière de plus en plus évidente. Les conflits s’installent dans la durée, les tensions s’accumulent, et rien ne semble vraiment se résoudre.
Ce qui me frappe, c’est à quel point il devient compliqué de parler de paix sans que cela paraisse décalé. Le vocabulaire dominant est ailleurs : on parle de puissance, d’équilibre, de stratégie. La paix, elle, semble reléguée à quelque chose de secondaire, presque abstrait.
Je ne suis pas sûr que ce soit un choix assumé. J’ai plutôt le sentiment d’un glissement progressif, comme si les repères avaient changé sans qu’on s’en rende pleinement compte. Les conflits deviennent des points fixes, des réalités avec lesquelles on compose, plus qu’on ne cherche réellement à dépasser.
Dans ce contexte, évoquer la paix ne disparaît pas complètement, mais prend une autre place. Elle devient plus floue, plus lointaine, moins concrète. Comme si elle n’était plus une perspective immédiate, mais une idée qu’on garde en arrière-plan.
Je ne sais pas si c’est une phase ou une transformation plus profonde. Mais ce décalage, entre ce que le monde est en train de devenir et la place qu’on accorde à la paix, me semble révélateur de quelque chose qui est en train de changer.