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Finalement...
Je refuse que l’on parle de « crise migratoire » comme si des êtres humains étaient des flux, des masses, des chiffres. Je refuse que l’on appelle « vague » ce qui est des vies qui cherchent simplement à continuer d’exister.
Je refuse que l’on dise « problème » alors que ce sont nos choix politiques, nos frontières fermées et nos systèmes d’accueil insuffisants qui tuent. Je refuse que l’on parle d’« incident » ou de « drame » quand des hommes et des femmes meurent. Ces mots camouflent la responsabilité collective.
Je veux changer le récit. Et je veux changer les actes.
J’imagine des routes sûres et légales pour celles et ceux qui fuient la guerre, la misère ou la persécution. J’imagine que chercher refuge ne soit plus un pari mortel.
J’imagine que sauver des vies ne soit jamais suspect. Que les associations et personnes qui interviennent soient protégées, soutenues et reconnues, au lieu d’être criminalisées avec des mots comme « passeurs humanitaires ».
J’imagine un accueil digne : des lieux décents, un accompagnement humain, pas des centres que l’on appelle « transit » comme si l’on parlait de colis.
J’imagine que nous parlions vrai sur ce que nous faisons et ce que nous refusons de faire. Lutter contre la migration clandestine ne peut pas signifier fermer les yeux sur la mort.
J’imagine que l’on nomme les choses par leur nom : il ne s’agit pas d’un « problème migratoire », mais d’une question de choix politiques et d’humanité.
Je sais bien que ce discours est à contre-courant des replis et des peurs qui envahissent nos sociétés. Mais tant pis. Je refuse l’indifférence. Je refuse que la mort devienne un détail.
Je refuse de laisser quelqu’un mourir sur le chemin simplement parce que nous avons fermé les yeux et inventé des mots pour nous rassurer.