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Je me sens enfermé dans un Pac-Man grandeur nature, un labyrinthe politique dont les murs se rapprochent à chaque tour. À l’ouest comme à l’est, deux monstres avancent, méthodiques, voraces, engloutissant tout ce qui dépasse : les nuances, les solidarités, les peuples. Et au milieu, je m’interroge : que fait l’Europe ? Est-elle encore un joueur ou déjà un décor ?
Je condamne ce jeu où l’Europe semble hésiter, figée entre deux monstres, oscillant entre la peur de disparaître et la tentation de leur ressembler. À force de vouloir survivre dans le labyrinthe sans en contester les règles, elle se contente parfois de longer les murs, d’éviter le choc, de gérer l’urgence, pendant que d’autres imposent leur rythme et leur violence. Je refuse cette Europe réduite à Pac-Man sans gommes, condamnée à fuir au lieu d’inventer.
Je m’interroge sur cette Europe qui devait être une super-gomme, un espace de protection, de droits, de solidarité, et qui donne trop souvent le sentiment d’avoir peur d’utiliser sa propre force. Pourquoi laisse-t-elle les monstres dicter le tempo ? Pourquoi accepte-t-elle que le débat se réduise à un choix mortifère entre deux formes de prédation ?
Je condamne une Europe qui se pense uniquement comme un marché quand elle devrait être un refuge, une boussole, un projet humain. Car dans Pac-Man, tant que le labyrinthe reste inchangé, la partie est perdue d’avance. L’Europe a le pouvoir de redessiner la carte, de créer des passages, de ralentir les monstres — encore faut-il qu’elle ose sortir de la simple survie.
Alors je pose la question, frontalement : l’Europe veut-elle continuer à courir, ou enfin reprendre la main sur le jeu ? Parce que si elle renonce à être cette super-gomme collective, elle finira, elle aussi, avalée par ce qu’elle a laissé prospérer.