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En choisissant de solliciter un vote de confiance avant les mobilisations du 10 septembre, François Bayrou tente de s’offrir une légitimité institutionnelle. Mais son geste révèle une fragilité de fond : le gouvernement ne reflète pas l’équilibre issu des dernières législatives et ne dispose donc pas d’une véritable majorité parlementaire stable.
Le soutien qu’il obtiendra – s’il l’obtient – sera davantage le produit de calculs politiques et de ralliements circonstanciels que l’expression d’une base cohérente. Cela affaiblit la portée symbolique du vote de confiance : il s’agit moins d’un adoubement que d’un sursis.
Par ailleurs, le mécontentement social dépasse largement le cadre institutionnel. Il ne se limite pas à l’opposition partisane mais s’enracine dans la société civile, les syndicats, les collectivités locales et une opinion publique de plus en plus critique. Dans ce contexte, le recours à un vote parlementaire apparaît comme une manœuvre défensive, qui risque même de souligner l’isolement du gouvernement.
Enfin, cette séquence illustre une dérive classique de la Ve République : l’usage des mécanismes institutionnels pour compenser une faiblesse politique réelle. Mais elle aura au moins un mérite : révéler, au grand jour, qui sont les véritables opposants à ce système devenu un simulacre de démocratie, et qui, au contraire, acceptent de le cautionner.