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Pacte capacitaire contre les feux de forêt : des promesses, mais quelles réalités ?
En tant que citoyen engagé et élu municipal, je souhaite aujourd’hui alerter publiquement sur un sujet crucial pour nos territoires : l’état des moyens alloués à la lutte contre les feux de forêt, et plus particulièrement la mise en œuvre du « pacte capacitaire » annoncé en 2022.
Ce pacte, présenté comme une réponse ambitieuse aux carences accumulées depuis des années, devait permettre le renouvellement et le renforcement du matériel des services d’incendie et de secours, en particulier les camions-citernes feux de forêt (CCF). Mais où en est-on aujourd’hui, en 2025 ? Quels matériels ont réellement été livrés ? Combien restent encore à fournir ? Et à quel rythme ? Ce sont des questions simples, légitimes, mais qui restent trop souvent sans réponse claire.
Il faut se rappeler qu’entre 2004 et 2021, ce sont près de 1000 engins spécialisés qui ont disparu du parc opérationnel. Ce chiffre à lui seul dit l’ampleur du recul subi par les SDIS (Services Départementaux d’Incendie et de Secours). Le pacte capacitaire ne peut pas simplement combler un déficit : il doit réparer une stratégie d’abandon, et anticiper les défis climatiques à venir.
Or, depuis plusieurs mois, des signaux d’alerte nous parviennent : retards de livraison, augmentation du coût des équipements, inflation sur les matières premières, incertitudes sur le budget alloué. Tout cela fragilise la promesse initiale. Et pendant ce temps, les incendies, eux, ne patientent pas. Nos territoires, nos forêts, nos communes rurales ou périurbaines sont chaque été plus exposées, plus vulnérables.
Je le dis avec gravité : la sécurité des populations ne peut dépendre de promesses non tenues ou de stratégies de communication. Nous avons besoin d’une transparence totale sur l’état d’avancement du plan : où en est-on ? Quels sont les moyens réellement engagés ? Quel est le calendrier de livraison des engins ? Quelle répartition est prévue sur le territoire ?
En tant qu’élu de terrain, je refuse que les collectivités locales soient mises une fois de plus devant le fait accompli, sommées de compenser les manques de l’État. Et en tant que citoyen, je refuse que les services publics soient affaiblis au moment même où ils sont les plus nécessaires.
Je soutiens donc pleinement la demande d’explication portée par la CGT des SDIS. Elle ne fait que traduire une exigence de bon sens, de responsabilité, et de respect pour les agents qui protègent, souvent au péril de leur vie, nos territoires.
Il est temps que les promesses deviennent des actes.