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On demande un effort aux malades. Mais pour sauver quel système, au juste ?
Je vois les décisions tomber, les unes après les autres. Et chaque fois, ce sont les mêmes qui paient. Les malades, les privés d’emploi, les déplacés. Les plus fragiles, les plus exposés, les plus silencieux aussi. On les presse, on les culpabilise, on leur demande de faire "leur part".
Mais leur part de quoi ? Et au nom de quoi ?
On nous dit qu’il faut sauver le système. Mais on se demande bien lequel. Parce que si ce système, c’est celui qui protège les puissants, exonère les plus riches et écrase les autres, alors il y a urgence à ne pas le sauver… mais à le changer.
Ce qu’on nous présente comme une nécessité budgétaire est en réalité un choix de société. Et ce choix est glaçant : moins de soin, moins de solidarité, moins d’humanité. Le chacun pour soi devient la norme. Et l’on s’habitue. C’est ça, le plus dangereux. Ce glissement lent, presque banal, vers l’indifférence.
On parle de rigueur. Mais c’est une rigueur sans justice, une rigueur sans cœur. On nous vend un plan de redressement, mais on ne redresse que les comptes – jamais les destins brisés.
Je refuse cette logique qui sacrifie les êtres humains sur l’autel d’un système qui ne protège plus personne, sauf les mieux lotis. Je refuse que la République se renie en oubliant ceux qui ont le plus besoin d’elle.
Parce qu’on juge une société à la manière dont elle traite ses plus faibles. Et la nôtre, aujourd’hui, fait honte