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De l’indigence politique à la défiance démocratique
Même s’il n’est pas nécessaire qu’un élu soit expert dans tous les domaines qu’il est amené à gérer, il est plus que temps de reconnaître une réalité alarmante : l’incompétence est devenue une habitude, parfois même une stratégie. Trop de responsables politiques se contentent aujourd’hui de postures, de slogans, de photos soigneusement mises en scène. Le fond a disparu derrière la forme, et avec lui, l’exigence.
Il ne s’agit pas de réclamer des diplômes ou des CV parfaits à ceux qui nous gouvernent, mais un minimum d’engagement intellectuel et de travail. Un élu n’a pas à tout savoir, mais il a le devoir d’apprendre, de comprendre, d’écouter. Or, combien répètent des éléments de langage sans y croire, sans même les comprendre ? Combien sont là pour exister médiatiquement, sans jamais creuser un sujet, ni incarner une vision ?
« Il n’y a pas de démocratie sans citoyens éclairés. » — Alexis de Tocqueville
Ce vide sidéral du discours politique n’est pas sans conséquence. Il alimente la lassitude, puis le rejet. Les citoyens ne sont pas des enfants qu’on distrait avec des images : ils voient bien les contradictions, les lacunes, les absurdités. Et ils finissent par ne plus croire. Le désengagement électoral, souvent présenté comme un caprice ou une irresponsabilité, est en réalité un cri silencieux. Une réponse logique à une offre politique qui a perdu tout sens.
« La politique est devenue l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. » — Paul Valéry
Mais ce rejet nourrit à son tour la médiocrité : moins les gens votent, plus les élus sont choisis par une minorité. Moins ils représentent, plus ils déçoivent. Et plus ils déçoivent, moins on vote. Le serpent se mord la queue.
« Le pire, ce n’est pas la méchanceté des gens mauvais, mais le silence des gens bien. » — Martin Luther King Jr.
Il faut sortir de ce cercle vicieux. Cesser de banaliser l’ignorance ou l’improvisation sous prétexte de "communication moderne". Réclamer des responsables politiques qui s’engagent, qui étudient, qui prennent la mesure de leurs responsabilités. Ce n’est pas être élitiste : c’est respecter la démocratie. C’est rappeler que nous sommes en droit d’exiger plus que des figures sur des affiches ou des discours vides prononcés devant des caméras.
« Le vrai pouvoir est celui qui s’exerce sur soi-même. » — Sénèque
La démocratie ne survivra pas à des représentants qui ne la respectent pas. Le problème n’est pas que les gens ne votent plus : c’est qu’on leur donne trop souvent de mauvaises raisons de s’abstenir.