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"Je ne participe pas à cette conférence sur l’océan. Je l’observe de loin, comme tant d’autres, avec un mélange de curiosité, de frustration et de lassitude. Une fois encore, des responsables venus des quatre coins du monde se retrouvent dans un décor soigné, entourés de palmiers et de caméras, pour parler de l’urgence océanique. Et comme à chaque fois, le spectacle est bien rodé.
Les discours sont solennels, les intentions sont nobles, les promesses joliment emballées. On parle de protection des écosystèmes marins, de réduction de la pollution plastique, de préservation de la biodiversité. Mais derrière les mots, je cherche les actes. Où sont les décisions courageuses ? Où sont les engagements contraignants, les calendriers précis, les moyens concrets ?
Ce que je vois surtout, c’est une mise en scène. Une chorégraphie diplomatique où chacun semble plus préoccupé par son image que par l’état réel des océans. On jongle avec des concepts, on se félicite de vagues progrès, mais on évite soigneusement de nommer les vraies responsabilités, de bousculer les intérêts économiques, de remettre en cause le modèle qui détruit.
La caricature dit tout : un homme en costume qui joue avec un ballon sous les regards distraits de ses pairs, comme si l’enjeu était un jeu. Pendant ce temps, les océans montent, les coraux blanchissent, la vie marine disparaît lentement mais sûrement.
Alors non, je ne participe pas à cette conférence. Mais je la regarde avec lucidité. Et je me dis qu’à force de vouloir rester à la surface, ces sommets risquent de ne laisser derrière eux qu’un bruit creux… pendant que l’eau continue de monter."