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Mon commentaire sur les propositions du PCF pour la protection de l’enfance
En tant que citoyen concerné et professionnel du secteur par les enjeux de justice sociale et de protection des plus vulnérables, j’accueille avec beaucoup d’intérêt les propositions du PCF en matière de protection de l’enfance. Ce document me semble à la fois ambitieux, structurant et porteur d’un véritable changement de cap.
Je salue d’abord la volonté de créer un ministère de l’Enfance à part entière, doté de pouvoirs et de moyens propres. C’est, selon moi, une mesure indispensable pour sortir enfin de la logique de saupoudrage, et construire une politique cohérente à l’échelle nationale, tout en intégrant les réalités locales.
Je suis également convaincu que le passage à une prévention systémique et universelle est fondamental. Trop souvent, la protection de l’enfance intervient dans l’urgence, voire trop tard. Renforcer les suivis périnataux, les dispositifs d’aide à la parentalité et les équipes pluridisciplinaires, comme cela est proposé, me paraît essentiel pour intervenir en amont.
Un autre point fort de ces propositions, à mes yeux, réside dans le plan d’urgence pour rendre les métiers du social et de la protection de l’enfance plus attractifs. Nous ne pourrons jamais protéger efficacement les enfants si les professionnel.le.s sont épuisés mal reconnus ou peu formés. Je soutiens pleinement la revalorisation de ces métiers, tant sur le plan salarial que sur celui de la reconnaissance humaine et sociale.
Je trouve également juste et nécessaire l’engagement à garantir un accompagnement jusqu’à 25 ans, sans condition. Mettre fin aux "sorties sèches", c’est refuser de lâcher les jeunes au moment où ils ont encore besoin de repères, de soutien et d’un cadre. Cela me paraît une mesure de dignité.
Cela dit, certaines limites méritent d’être soulevées. Par exemple, j’aurais aimé en savoir davantage sur la mise en œuvre concrète de ces propositions. Quelle articulation entre l’État et les Départements ? Quels moyens financiers nouveaux seront mobilisés ? De plus, si je comprends la volonté d’un socle national contraignant, je m’interroge sur la souplesse laissée aux territoires pour adapter les politiques à leurs réalités locales.
Je regrette également que la voix des enfants et des jeunes eux-mêmes ne soit pas mise en avant. Leur participation à l’élaboration et au suivi des politiques les concernant me semble primordiale.
Enfin, je crois qu’il faudra renforcer la question de la coordination inter institutionnelle : entre la justice, l’éducation, la santé, la police et le secteur associatif. Sans cela, les meilleures intentions risquent de rester inopérantes.
En conclusion, je considère que ce document constitue une base solide et audacieuse. Il pose des fondations claires pour une politique nationale ambitieuse, fondée sur les droits de l’enfant. Mais pour qu’elle soit pleinement crédible, il faudra rapidement en préciser les modalités concrètes et veiller à ce que l’enfant, sujet de droit, ne soit jamais oublié dans le processus.