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À première vue, tout semble opposer le Collectif des 400 000 et AXESS, la fédération patronale de l’économie sociale et solidaire. Le premier se présente comme un collectif citoyen mobilisé pour la justice sociale, le second comme une organisation représentant les employeurs du secteur. Pourtant, une réalité bien plus dérangeante se dessine : leurs intérêts se croisent, et leurs logiques se rejoignent, au détriment des salariés.
Créé pour dénoncer les injustices du Ségur de la Santé, le Collectif des 400 000 a su se rendre visible. Mais derrière cette visibilité, une légitimité floue : pas de mandat démocratique, pas de concertation, peu de lien avec les salariés de terrain. Pire, une stratégie de division qui fragilise les luttes existantes et décrédibilise les syndicats pourtant à l’origine des maigres avancées obtenues.
Ce collectif, qui affirme défendre les salariés et les enfants accompagnés, mise avant tout sur une communication bien rodée, entre slogans accrocheurs, vidéos virales et présence sur les plateaux. Mais dans les faits, ses propositions restent floues, ses méthodes autoritaires, et sa volonté de construire un rapport de force durable quasi inexistante.
Dans le même temps, AXESS, regroupant des poids lourds comme Nexem, la Croix-Rouge ou la Fehap, se présente comme un partenaire social responsable. En réalité, il incarne le bras armé d’un patronat soucieux de réduire les coûts, opposé aux revalorisations salariales, à l’amélioration des conditions de travail, et à toute véritable négociation sociale.
AXESS a toujours refusé l’extension pleine du Ségur aux oubliés du médico-social. Elle bloque les avancées collectives, pousse à la flexibilisation, et soutient une logique d’entreprise incompatible avec les valeurs de l’action sociale.
Ce qui était hier une intuition est aujourd’hui un fait établi : il existe des liens directs entre AXESS et le Collectif des 400 000. Plusieurs représentants d’AXESS siègent au sein des conseils d’administration d’associations se réclamant du collectif. Ces collusions brouillent volontairement les pistes. Le Collectif appelle à la mobilisation, affiche la défense du bien-être des enfants et des salariés, mais bénéficie en coulisses du soutien de ceux-là mêmes qui s’opposent aux revendications sociales.
C’est un véritable jeu de dupes, où les travailleurs sociaux servent de vitrine à des intérêts contraires aux leurs. Et il est temps d’ouvrir les yeux : ne soyons pas les dindons de la farce.
La seule voie sérieuse, crédible, et légitime pour obtenir des avancées reste celle portée par l’intersyndicale, qui agit avec clarté, sur des bases démocratiques, avec des revendications construites collectivement. C’est elle seule qui est habilitée à défendre les salariés et le secteur, à négocier avec l’État, à construire des rapports de force solides.
L’heure est grave : les attaques contre le travail social se multiplient. Ne laissons pas les faux amis occuper le terrain. Rejoignons les luttes syndicales, unissons nos forces pour reprendre la main sur notre avenir professionnel.