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Le travail social est en train de perdre son âme. À force de protocoles rigides, de tableaux Excel, d’évaluations standardisées et de pressions gestionnaires, le lien humain est relégué au second plan. L’accompagnement social devient une suite de tâches à cocher, une logique de flux à gérer, une course contre le temps… au détriment des personnes que nous devrions soutenir. Cette industrialisation transforme les professionnels en exécutants et les usagers en "dossiers". Elle déshumanise les pratiques, méprise les savoir-faire relationnels, et alimente la souffrance au travail. Face à cela, il faut affirmer une autre vision du travail social, fondée sur la relation, la confiance, l’écoute, l’éthique et la dignité. Une vision qui refuse la mise en concurrence des structures et défend l’engagement des professionnels. Il faut réhumaniser les pratiques, renforcer la voix des travailleurs sociaux, revaloriser les métiers du social, associer les personnes concernées et défendre un véritable service public de la solidarité. Faire entendre une autre voix, c’est possible : en rejoignant des syndicats, en créant ou soutenant des collectifs engagés, en interpellant les élus, en publiant, en témoignant, en organisant des rencontres citoyennes, en menant des actions visibles. Il faut sortir de l’isolement, construire un contre-récit collectif et affirmer la valeur de notre métier. Et surtout, mettre la pression sur les responsables politiques, car les logiques qui nous écrasent sont le fruit de choix bien réels. Il faut les interpeller, exiger des moyens à la hauteur, dénoncer les dérives, proposer des alternatives, faire du travail social une voix politique forte. Le travail social n’est pas une industrie : c’est un engagement pour une société plus juste, plus humaine. Refusons sa dénaturation. Organisons-nous, résistons, et redonnons du sens à notre métier.