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J’admire Ginette Kolinka parce qu’elle incarne la force, le courage et la transmission. Déportée à Auschwitz-Birkenau en 1944, à l’âge de 19 ans, elle a traversé l’horreur absolue et a trouvé, après des années de silence, la force de raconter. Ce qu’elle a vécu dépasse l’entendement : la séparation brutale d’avec sa famille à l’arrivée au camp, la disparition immédiate de son père, de son petit frère et de son neveu dans les chambres à gaz, l’humiliation, la faim, le froid, l’inhumanité des camps de la mort. Et pourtant, elle a survécu.
Ce qui me touche profondément, c’est la façon dont elle a choisi de témoigner. Elle ne cherche pas à dramatiser, elle ne se pose pas en héroïne, elle raconte simplement, avec une humilité bouleversante. Sans haine, sans pathos, juste avec la vérité brute de ce qu’elle a vécu. Et c’est précisément cette transmission, dépouillée de tout artifice, qui la rend si précieuse. Car face à la montée des discours révisionnistes, face à l’indifférence grandissante, face à la disparition progressive des derniers témoins, sa voix est essentielle. Elle parle aux jeunes, elle traverse les générations, elle rappelle, inlassablement, que ce qui a été peut revenir si l’on baisse la garde.
J’admire aussi son engagement tardif. Pendant des décennies, elle a gardé le silence, comme tant d’autres survivants. Puis, un jour, elle a compris que son témoignage était nécessaire, qu’il pouvait être une arme contre l’oubli. Depuis, elle va dans les écoles, rencontre des centaines de lycéens, raconte son histoire, encore et encore, pour qu’ils prennent conscience de ce que l’homme est capable de faire… et de ce qu’il faut combattre à tout prix.
Son combat me touche aussi parce qu’il résonne avec mes propres préoccupations. Défendre la mémoire, rappeler les injustices, lutter contre la banalisation du mal, c’est une nécessité. L’Histoire nous apprend que rien n’est jamais acquis, que la barbarie peut renaître sous d’autres formes si l’on n’y prend garde. Grâce à Ginette Kolinka, grâce à son courage et à sa parole, des générations entières comprennent que la mémoire n’est pas qu’un devoir, mais un combat. Et ce combat, elle l’a mené jusqu’au bout, avec une dignité et une détermination admirables.