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J’ai du mal à ne pas sourire, même jaune, en entendant le Département de l’Essonne parler de "budget de combat". Derrière cette formule guerrière, que cherche-t-on à masquer ? Si c’est un combat, contre qui ou contre quoi ?
S’agit-il d’un combat pour les habitants, avec un renforcement des services publics, un soutien accru aux associations, une amélioration des infrastructures, une politique éducative ambitieuse et des investissements massifs dans la santé et l’action sociale ? Ou bien est-ce un combat contre des contraintes budgétaires, se traduisant par des coupes, des hausses de tarifications et des arbitrages qui, in fine, pèseront sur les Essonniens, en particulier les plus fragiles ?
Cette appellation a des allures de slogan martial, une manière de donner une tonalité héroïque à des choix budgétaires qui pourraient pourtant s’éloigner des priorités essentielles. Car un "budget de combat", s’il mérite vraiment ce nom, devrait être un rempart contre les inégalités, un outil au service des solidarités, une arme pour garantir l’accès à des services publics de qualité, et non un simple écran de fumée justifiant des renoncements.
J’aimerais voir, chiffres à l’appui, où vont réellement les efforts financiers. Parce qu’un budget de combat, un vrai, ce n’est pas celui qui habille d’effets de langage des restrictions et des coupes, mais celui qui protège et améliore concrètement le quotidien des habitants. Une communication politique bien rodée ne doit pas masquer les réalités vécues par les Essonniens.